Sahara marocain : le Roi annonce la fin de la mission de l’ONU après un veto russe

Le dossier du Sahara marocain a connu, dans la nuit de vendredi à samedi, l’un des rebondissements diplomatiques les plus spectaculaires de ces dernières années. Après que la Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain prévoyant la reconduction du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, le Roi Mohammed VI a pris tout le monde de court en annonçant, quelques heures plus tard, la fin programmée des activités de cette mission sur le territoire.

Selon des informations relayées par le quotidien espagnol La Razón, le Souverain a affirmé que la présence onusienne devait cesser dans les jours qui viennent, refermant ainsi un chapitre vieux de trente-cinq ans. Un communiqué du Cabinet royal a confirmé cette orientation, précisant que le retrait de la mission, connue sous l’acronyme MINURSO, devait s’opérer sans délai supplémentaire.

Le texte américain soumis au Conseil de sécurité érigeait le plan d’autonomie marocain en seule base envisageable pour les négociations futures et proposait au passage de rebaptiser la mission en MINUSO. Moscou avait répliqué avec un projet alternatif qui supprimait toute mention de ce plan, provoquant le rejet immédiat de l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, pour qui ce texte revenait à ignorer vingt années d’avancées diplomatiques.

Pour l’analyste marocain Nabil Driouch, ce dénouement marque un tournant historique. En bloquant le texte américain, la Russie a, selon lui, involontairement offert à Rabat ce qu’il décrit comme un veto marocain de facto sur l’avenir du dossier, en précipitant la fin d’une mission dont l’utilité était de plus en plus contestée par le Royaume.

Cette séquence intervient au lendemain d’une session houleuse du Conseil de sécurité, où plusieurs capitales, dont Monrovia, Manama, Londres et Paris, ont réaffirmé leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, présentée comme la solution la plus crédible et la plus réaliste au différend régional. L’ambassadeur américain avait lui-même qualifié la MINURSO de symbole d’un projet vieillissant, promis à l’échec.

Créée en 1991 pour superviser le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, la MINURSO n’a jamais pu organiser le référendum pour lequel elle avait été mandatée. Sa disparition annoncée consacrerait, de fait, l’ancrage définitif du plan d’autonomie comme seul horizon de règlement, un objectif que la diplomatie marocaine poursuit depuis près de deux décennies.

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