Un document qui circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux marocains a ravivé un débat aussi vieux que sensible : celui de la normalisation avec Israël et de ses relais politiques internes. Présenté par ses promoteurs comme l’acte fondateur d’un nouveau parti baptisé « Hizb Al Wahda » (Parti de l’Unité), mais surnommé dans la presse « le Likoud marocain », ce texte affirme qu’un dossier aurait été déposé auprès du ministère de l’Intérieur. L’information, reprise ce jeudi par plusieurs médias marocains, a immédiatement suscité l’incrédulité d’une partie de la classe politique et militante.
Aziz Hannaoui, secrétaire général de l’Observatoire marocain contre la normalisation, a été l’un des premiers à réagir publiquement. Dans des propos rapportés ce jeudi, il met en doute non seulement le sérieux de l’initiative, mais aussi l’identité réelle de ceux qui la portent. Selon lui, le simple fait d’évoquer un dépôt de dossier administratif ne suffit pas à établir l’existence juridique d’un parti : la loi marocaine impose des conditions précises de constitution, de représentativité territoriale et de transparence financière, que rien dans les documents circulant ne permet pour l’instant de vérifier.
Hannaoui établit également un lien avec un nom qui lui est familier : celui d’Al Houssein Ben Masoud, déjà associé, par le passé, à une initiative visant à faire adopter une loi permettant aux descendants de juifs marocains ayant émigré de recouvrer la nationalité marocaine. Pour le militant, le choix même du nom « Likoud », en référence au parti de la droite israélienne au pouvoir, n’est pas anodin : il interroge sur les messages que ses initiateurs chercheraient à envoyer, dans un contexte régional où la question du Sahara marocain et les relations avec Israël restent des sujets politiquement chargés.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été apportée par le ministère de l’Intérieur sur l’existence d’un tel dossier. Les autorités marocaines n’ont pas communiqué publiquement sur le sujet, et plusieurs observateurs appellent à la prudence face à une information qui, pour l’instant, repose essentiellement sur des documents non authentifiés. L’affaire illustre néanmoins la vigilance que suscite, au Maroc, toute initiative politique perçue comme liée à la question de la normalisation avec Israël, quatre ans après l’annonce officielle du rétablissement des relations entre les deux pays.
