Sahara marocain : la liquidation de la MINURSO met Alger dans l’embarras

Le dossier du Sahara marocain connaît un nouveau rebondissement ce mercredi, après la confirmation par les Nations unies de l’entrée de la MINURSO dans sa phase de liquidation. Une annonce qui, à Rabat, est perçue comme un signe supplémentaire de l’isolement diplomatique d’Alger sur ce dossier.

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a confirmé que le retrait de la mission onusienne débutera dans les prochains jours, après l’échec du Conseil de sécurité à renouveler son mandat. L’opération prévoit le rapatriement de 160 observateurs militaires vers leurs pays d’origine, ainsi que la fin progressive des fonctions d’environ 180 agents civils. Treize sites et installations seront fermés et restitués, tandis que le matériel, les véhicules et les systèmes de communication seront retirés. Les contrats et engagements financiers de la mission seront liquidés, et les archives transférées conformément aux procédures onusiennes. Le chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, devrait se rendre à Rabat pour discuter avec les autorités marocaines du calendrier de retrait et des aspects logistiques de cette liquidation.

Cette annonce a immédiatement suscité des réactions au Maroc. Sur les réseaux sociaux, le président de la Ligue marocaine de défense des droits humains, Adil Tchikito, a publié un message ironique adressé au chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf. Il y rappelle que ce dernier affirmait, l’an dernier, que la communauté internationale ne reconnaissait pas la marocanité du Sahara, en s’appuyant notamment sur la présence de la MINURSO dans les provinces du sud comme argument. Avec l’annonce de la liquidation de la mission, cet argument perd selon lui toute pertinence.

Dans le même message, Tchikito ironise sur la manière dont le ministre algérien pourra désormais justifier cette position devant son opinion publique. Il évoque également le sort des populations retenues dans les camps de Tindouf, régulièrement mobilisées, selon lui, par un discours qu’il juge de plus en plus difficile à soutenir face à l’évolution du dossier.

Cette séquence s’inscrit dans un contexte plus large de dynamique diplomatique favorable à la position marocaine sur le Sahara, portée depuis plusieurs mois par des soutiens internationaux croissants au plan d’autonomie proposé par Rabat. La fin annoncée de la mission onusienne, après 35 ans de présence sur le terrain, marque une étape supplémentaire dans l’évolution de ce dossier, et place désormais la diplomatie algérienne devant la nécessité de reformuler son argumentaire sur la question du Sahara marocain.

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