Quelques jours après avoir bloqué, au Conseil de sécurité de l’ONU, un projet de résolution américain sur le Sahara marocain, la Russie a changé de registre face à Rabat. L’ambassadeur russe au Maroc, Igor Belyaev, a présenté ses félicitations au Royaume à l’occasion de la Fête de l’Unité, lors d’une réception organisée mercredi au siège de son ambassade pour célébrer la journée de l’unité du peuple russe, commémorée à Moscou chaque 4 novembre.
Devant un parterre d’invités, le diplomate a estimé que cette double célébration symbolise, dans les deux pays, la cohésion et l’unité des peuples. Il a rappelé que le Maroc venait de marquer le premier anniversaire de sa propre Fête de l’Unité, instituée après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité en 2025.
L’ambassadeur a souligné que l’année 2026 revêt une portée particulière pour les relations bilatérales, puisqu’elle coïncide avec le dixième anniversaire de la déclaration conjointe sur l’approfondissement du partenariat stratégique, signée à Moscou en 2016 par le roi Mohammed VI et le président Vladimir Poutine. Il a passé en revue les secteurs de coopération entre les deux pays : dialogue politique, commerce, éducation, culture et tourisme.
Selon Igor Belyaev, Moscou considère le Maroc comme un partenaire important et fiable sur le continent africain. Il a salué la participation d’une délégation marocaine, conduite par la cheffe du gouvernement Fatima Zahra Mansouri, au troisième Sommet Russie-Afrique organisé à Moscou cette année, soulignant que ce déplacement, le premier à l’étranger de la cheffe de l’exécutif depuis sa prise de fonctions, illustre l’intérêt que porte Rabat au renforcement de ces liens. Il a également cité quelques chiffres : plus de 4 000 étudiants marocains ont suivi une formation en Russie durant l’année universitaire 2024-2025, tandis que les touristes russes ont effectué environ 27 700 séjours au Maroc en 2025, soit une hausse de 39,6 %.
Ces félicitations interviennent toutefois dans un contexte diplomatique tendu sur le dossier du Sahara marocain. La Russie avait, quelques jours plus tôt, usé de son droit de veto contre un projet de résolution porté par Washington, ce qui a entraîné la non-reconduction du mandat de la MINURSO. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé que Rabat en avait eu connaissance par avance et y voyait une occasion de faire évoluer la gestion du dossier.
