Le dossier du Sahara marocain connaît une nouvelle étape de tensions diplomatiques. Le Front Polisario a exprimé son rejet de l’orientation que prend désormais l’Organisation des Nations unies sur ce dossier, critiquant ouvertement le projet de résolution présenté par Washington au Conseil de sécurité.
Ce texte, qui doit être examiné prochainement par les membres du Conseil, érige le plan d’autonomie marocain en seule référence possible pour résoudre ce différend régional vieux de plusieurs décennies. Il propose également de modifier la nature et les missions de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, la MINURSO.
Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le chef du Polisario, Brahim Ghali, a rejeté toute formule de négociation qui tranche le résultat par avance. Il s’est montré ferme sur le maintien de la MINURSO dans sa structure actuelle de mission de maintien de la paix, s’opposant à sa transformation en mission politique.
Le mouvement séparatiste a par ailleurs contesté certains éléments du rapport du secrétaire général référencé S/2026/781, consacré aux travaux de l’envoyé personnel Staffan de Mistura pour l’élaboration d’un accord-cadre fondé sur l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume. Le Polisario accuse Guterres d’avoir déformé sa position sur les mesures de confiance, en particulier l’initiative d’échange de visites familiales entre les provinces du sud et les camps de Tindouf, connue sous le nom de programme Aller et voir.
Selon les éléments connus du projet américain, celui-ci prévoit de mettre un terme au mandat de maintien de la paix de la MINURSO le 30 avril 2027, avant de la transformer, dès le 1er mai, en une mission politique spéciale pour une durée de six mois, sous une nouvelle appellation, MINUSO. Ses effectifs militaires seraient réduits de moitié d’ici le 31 janvier 2027.
Le texte américain réaffirme que l’autonomie sous souveraineté marocaine demeure la seule solution réaliste à ce différend et appelle l’ensemble des parties à s’engager sérieusement dans des négociations placées sous l’égide des Nations unies et des États-Unis.
Ce bras de fer diplomatique intervient alors que le Conseil de sécurité s’apprête à se pencher de nouveau sur l’avenir de sa mission dans la région, dans un contexte où le plan d’autonomie marocain recueille un soutien international croissant.
