Maroc : à Genève, Rabat réclame des solutions durables pour Tindouf

Genève a été, ce mardi, le théâtre d’un plaidoyer appuyé en faveur d’une sortie de crise pour les populations séquestrées dans les camps de Tindouf. Devant le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), réuni en sa 77e session annuelle, le représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies à Genève, Omar Zniber, a appelé les bailleurs de fonds et l’agence onusienne à concentrer désormais leurs financements sur des solutions durables plutôt que sur la simple gestion d’un statu quo vieux de près de cinquante ans.

Trois voies ont été mises en avant par le diplomate marocain : le retour volontaire vers le Maroc, l’intégration locale en Algérie, ou la réinstallation dans un pays tiers, le tout sur la base du libre choix des personnes concernées. Cette position s’inscrit, a-t-il précisé, dans la continuité de la démarche réformatrice portée par le Haut-Commissaire Barham Salih, qui place désormais les solutions durables au cœur de l’action humanitaire des Nations unies.

M. Zniber n’a pas éludé la réalité du terrain. Il a évoqué, chiffres de l’ONU à l’appui, une malnutrition sévère et des détournements récurrents de l’aide internationale dans des camps entrés, selon ses mots, dans leur sixième décennie d’existence. Une situation, a-t-il ajouté, largement instrumentalisée à des fins politiques au détriment des populations elles-mêmes.

Le diplomate a également rappelé une lettre conjointe datée du 2 septembre 2026, signée par le Haut-Commissaire, l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies et l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, appelant à une mise en œuvre immédiate de solutions durables. Il a par ailleurs cité la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, qui consacre le plan d’autonomie comme voie privilégiée de règlement du différend régional.

Omar Zniber a aussi rappelé l’appel lancé par le Roi Mohammed VI aux populations des camps à retrouver leurs familles au Maroc. Selon le diplomate, plusieurs membres du Comité exécutif ont explicitement soutenu la démarche marocaine, et la majorité des grands bailleurs de fonds se sont dits disposés à financer ces solutions plutôt que la prolongation indéfinie du statut de réfugié. Pour Rabat, l’aide internationale doit désormais accompagner une sortie de crise et non perpétuer une situation humanitaire que de nombreuses voix, au sein même des instances onusiennes, jugent intenable.

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