Un message de fierté paternelle, publié sur les réseaux sociaux, est venu éclairer d’un jour particulier la formation du nouveau gouvernement marocain. Hamid Abqari, père de Salah-Eddine Abqari, tout juste nommé ministre délégué chargé de la Jeunesse, a tenu à saluer publiquement le parcours de son fils, estimant que sa nomination constitue l’aboutissement logique d’années de travail et de persévérance.
Dans une publication Facebook largement commentée, le père du nouveau ministre a rappelé que son fils est issu d’une famille de fonctionnaires, loin des réseaux d’influence et des privilèges que l’expression « cuillères en or » évoque habituellement dans le débat public marocain. Cette formule, régulièrement utilisée pour pointer du doigt l’accès facilité de certains enfants de familles aisées aux postes à responsabilité, a ainsi été retournée en symbole inverse : celui d’une ascension fondée sur le mérite plutôt que sur l’héritage social.
Membre du gouvernement conduit par le nouveau Chef de l’exécutif, Abdellatif Mansouri, Salah-Eddine Abqari devient, à un âge encore précoce, l’un des visages les plus jeunes de cette équipe. Son parcours mêle responsabilités administratives et engagement politique de longue date au sein du Parti authenticité et modernité (PAM), dont il a présidé l’organisation de jeunesse avant d’accéder à ce portefeuille ministériel.
La nomination d’un responsable aussi jeune à la tête du département de la Jeunesse n’est pas anodine dans un pays où la question de l’insertion des nouvelles générations dans la vie publique reste un enjeu central. Le ministre devra désormais convertir cette image de proximité générationnelle en résultats concrets, sur des dossiers sensibles tels que l’emploi des jeunes, l’encadrement associatif et les politiques de loisirs et de citoyenneté.
Au-delà de l’anecdote familiale, cet épisode illustre une dynamique plus large observée depuis l’installation du nouveau gouvernement : la mise en avant de trajectoires individuelles jugées exemplaires, destinées à incarner le renouvellement promis de l’équipe exécutive. Reste à savoir si cette communication valorisant le mérite personnel se traduira, dans les mois à venir, par une action publique à la hauteur des attentes exprimées à l’égard de la jeunesse marocaine.
