Les sirènes ont de nouveau résonné dans plusieurs villes du royaume saoudien ce dimanche, alors que la coalition menée par Riyad annonçait avoir intercepté deux missiles balistiques visant Khamis Mushait et trois drones au-dessus de la capitale et de la Province orientale. Cette nouvelle salve d’attaques houthies, la troisième en trois jours selon des sources sécuritaires, relance les craintes d’un embrasement plus large dans la péninsule Arabique.
La défense civile saoudienne avait émis dès l’aube des alertes pour Riyad, Khamis Mushait et Abha, avant que les autorités ne confirment, quelques minutes plus tard, la neutralisation des engins. La veille, samedi, un scénario similaire s’était joué : une alerte précoce visant Khamis Mushait et Abha avait été levée en moins de quatre minutes, tandis que la coalition affirmait avoir détruit quatre drones supplémentaires au-dessus de Riyad, de la Province orientale et des régions du sud. Le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Maliki, a par ailleurs annoncé la destruction de deux rampes de lancement de missiles balistiques dans le gouvernorat de Saada, bastion historique des rebelles houthis dans le nord du Yémen.
Ces frappes s’inscrivent dans une escalade entamée début octobre, marquée par des attaques meurtrières contre l’aéroport international Roi Khaled de Riyad, qui avaient fait au moins treize morts et plusieurs centaines de blessés, ainsi que contre l’aéroport d’Abha. Plusieurs capitales occidentales, dont Londres, ont depuis déconseillé tout déplacement non essentiel vers le royaume.
Face à cette menace persistante, les soutiens internationaux à Riyad se multiplient. Le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a confirmé le maintien des batteries de missiles Patriot opérées par des équipages grecs à Yanbou, chargées de protéger les infrastructures énergétiques stratégiques. Au Caire, le président Abdel Fattah al-Sissi a assuré samedi que l’Égypte se tenait prête à prendre les mesures défensives nécessaires pour appuyer l’Arabie saoudite si Riyad en faisait la demande, une position relayée par le Conseil de défense national égyptien.
Sur le plan diplomatique, le gouvernement yéménite reconnu internationalement a de son côté exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à condamner formellement ces attaques, qu’il qualifie de violations répétées du droit international. Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe a, lui, réaffirmé que la sécurité du royaume saoudien demeure indissociable de celle de l’ensemble des États membres, signe d’une solidarité régionale qui ne faiblit pas malgré la durée du conflit.
