Maroc-Chine : une coopération territoriale inédite autour de l’eau et de l’intelligence artificielle

Une délégation marocaine conduite par l’Association marocaine des présidents des conseils préfectoraux et provinciaux effectue, du 30 octobre au 8 novembre, une visite de travail en Chine qui ouvre un nouveau chapitre dans les relations maroco-chinoises. Pilotée par Noureddine El Azrak, premier vice-président de l’association, cette mission répond à une invitation de l’ambassadeur de Chine au Maroc et place, pour la première fois, les collectivités territoriales au cœur du dialogue entre les deux pays.

L’étape inaugurale s’est déroulée à Yichang, ville réputée pour son expertise hydraulique. Les élus marocains y ont rencontré les responsables de l’entreprise Kanhoba, impliquée dans l’extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech, avant de se rendre au barrage des Trois Gorges, symbole mondial de la gestion de l’eau et de la production hydroélectrique. Les échanges ont porté sur le stress hydrique que connaît le Maroc et sur les solutions technologiques susceptibles d’y répondre.

Avec le maire adjoint de Yichang, Gao Yongqiu, la délégation a convenu de maintenir une coordination régulière, de préparer une rencontre à distance avec le conseil préfectoral de Salé, et d’explorer un partenariat autour de l’intelligence artificielle avec la province de Berkane. Le président du conseil de la province d’Oued Eddahab a, pour sa part, mis en avant les atouts économiques de sa région, notamment la production de thé, un secteur qui trouve un écho direct à Yichang.

À Wuhan, étape suivante du périple, les discussions se sont élargies au monde académique. L’université de Wuhan, qui entretient déjà des liens avec l’université Hassan II de Casablanca, a évoqué de nouvelles pistes de coopération scientifique et de formation. La délégation a également visité deux entreprises technologiques chinoises : Max Nova, spécialisée dans la robotique éducative et les équipements intelligents destinés notamment aux enfants en situation de handicap, et Forbon, active dans l’analyse des sols et l’agriculture de précision, qui collabore déjà avec l’OCP et l’UM6P et envisage des projets de dessalement d’eau de mer à Oued Eddahab.

Au-delà du symbole diplomatique, cette tournée illustre une volonté commune d’ancrer la coopération sino-marocaine dans des besoins concrets : l’eau, la technologie, la recherche et le développement territorial, loin des seuls échanges institutionnels classiques. Elle confirme aussi l’intérêt croissant de Pékin pour les collectivités locales marocaines, à l’heure où le Royaume multiplie les partenariats technologiques à l’échelle régionale.

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