Marche Verte : Tanger célèbre l’unité nationale et la cause sahraouie

À Tanger, la Marche Verte a retrouvé, cinquante et un ans après son déclenchement, tout son pouvoir d’évocation. Un colloque organisé dans la préfecture de Tanger-Assilah a réuni élus locaux, anciens résistants et universitaires autour d’un même fil conducteur : la mémoire de 1975 et la toute jeune Fête de l’Unité, instaurée l’an dernier par décision royale, racontent une seule et même histoire, celle d’un royaume qui a choisi la mobilisation populaire pour défendre son intégrité territoriale.

La rencontre, organisée à l’initiative de l’arrondissement de Sawani, en partenariat avec la délégation régionale de la Haute Commission aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération ainsi que l’association amicale des retraités de la sûreté nationale, a rassemblé plusieurs générations de témoins et d’analystes. Devant un public venu nombreux, les intervenants ont tenu à relier deux dates désormais indissociables du calendrier national : le 6 novembre, jour de la Marche Verte, et le 31 octobre, érigé en Fête de l’Unité depuis l’an dernier.

Hamida El Jazi a rappelé que la décision royale de faire du 31 octobre une fête nationale constituait, selon elle, l’aboutissement symbolique d’un processus entamé un demi-siècle plus tôt sur les routes du Sahara. Pour sa part, Mustapha Kammour a présenté la Marche Verte comme l’expression la plus achevée d’une solidarité entre le Trône et le peuple marocain, un épisode où la diplomatie populaire a précédé, puis nourri, la diplomatie d’État.

Les débats ont également porté sur l’actualité la plus récente du dossier : l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2797, présentée par plusieurs intervenants comme une étape majeure vers un règlement politique de la question du Sahara sur la base du plan d’autonomie marocain. Yousra Chennaoui a de son côté insisté sur la dimension religieuse et identitaire de l’unité nationale, un patrimoine qu’elle a qualifié de constamment préservé par l’institution monarchique.

Point d’orgue de la rencontre, une exposition de documents d’archives a permis à Younes Cheikh Ali, responsable d’une fondation tangéroise dédiée à la mémoire collective, de présenter médailles, timbres et pièces de monnaie liés à l’épopée de 1975. Ces objets, souvent conservés dans des collections privées, offrent un autre regard sur un événement que l’école raconte surtout par les textes.

Ce type de rencontre, aujourd’hui multiplié dans plusieurs villes du Royaume, traduit une volonté officielle de transmettre aux nouvelles générations un récit national où la question du Sahara occupe une place centrale, au moment même où la diplomatie marocaine enregistre des avancées significatives sur la scène internationale.

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