Jeunesse et paix durable : Bouayach appelle à une participation réelle aux décisions

Devant un parterre de jeunes réunis ce vendredi à Rabat pour un séminaire consacré au leadership des nouvelles générations, la présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Amina Bouayach, a livré un message sans détour : associer la jeunesse à la prise de décision n’est plus une option, mais une condition de la confiance envers les institutions et, plus largement, de la paix durable.

Intervenant lors de cette rencontre intitulée « Du renouvellement intergénérationnel au leadership influent : investir dans la jeunesse pour une paix durable », la responsable a insisté sur le fait que le renouvellement des générations ne saurait se limiter à une simple passation de responsabilités. Il exige, selon elle, un véritable partage d’expérience et l’élaboration d’une vision sociale capable de répondre aux mutations économiques et culturelles en cours.

Amina Bouayach a dressé le constat d’une crise de confiance qui traverse les institutions, aux échelles nationale, régionale et internationale. Les inégalités sociales et économiques, l’affaiblissement de l’efficacité institutionnelle, la fragilité du travail multilatéral et l’écart persistant entre les engagements pris et les résultats obtenus nourrissent, selon elle, un sentiment de frustration qui touche en premier lieu les jeunes, confrontés à des obstacles dans l’accès à l’emploi, à la vie publique et à la justice sociale.

Elle a mis en garde contre le risque que cette frustration soit instrumentalisée par les discours de haine, l’exclusion et la violence, d’autant que la désinformation et certaines campagnes de communication peuvent transformer un grief légitime en hostilité, menaçant ainsi la cohésion sociale et le dialogue, en Afrique, en Europe et ailleurs.

Pour la présidente du CNDH, les aspirations de la jeunesse doivent être lues comme un signal des insuffisances des mécanismes de participation et de performance institutionnelle, à l’heure où les nouvelles générations, immergées dans un environnement numérique, réclament reconnaissance et un rôle effectif dans les décisions qui engagent leur avenir.

Elle a appelé à ne pas transformer l’ouverture de canaux de dialogue en simple formalité : les jeunes doivent pouvoir formuler des propositions et peser réellement sur les décisions, avec une visibilité claire sur le devenir de leurs initiatives. Une participation qui resterait symbolique, sans effet concret sur les politiques publiques, risquerait au contraire d’alimenter la frustration.

Investir dans le leadership des jeunes, a-t-elle conclu, suppose de lever les obstacles à leur participation, de garantir l’accès à l’éducation et à une information fiable, et de mettre en place des mécanismes encourageant un engagement responsable, de sorte que la contestation puisse se muer en participation civique et en dialogue porteur de solutions partagées.

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