Téhéran retient son souffle. Le Pentagone a mis au point de nouveaux plans de frappes contre l’Iran, et seul un feu vert de la Maison Blanche sépare désormais ces options militaires d’une mise en œuvre sur le terrain, selon plusieurs sources citées ce week-end par la presse américaine et des médias du Golfe.
Les scénarios à l’étude viseraient notamment des sites liés au programme nucléaire iranien ainsi que plusieurs îles stratégiques du Golfe, dans un contexte de tensions qui n’ont cessé de s’aggraver depuis plusieurs mois entre Washington et Téhéran. Ces informations interviennent alors que des renforts navals américains supplémentaires auraient déjà été acheminés vers le Moyen-Orient, un signal que plusieurs analystes interprètent comme une préparation à une possible escalade plutôt qu’une simple démonstration de force.
Face à ces manœuvres, le Corps des gardiens de la révolution islamique a averti Washington qu’il répondrait à toute attaque, même limitée, par une riposte « doublée » en intensité. Ce ton martial illustre la volonté de Téhéran de dissuader toute initiative militaire américaine, tout en laissant, au moins sur le plan rhétorique, une porte ouverte à une désescalade négociée.
Les deux capitales continuent de s’accuser mutuellement d’avoir fait échouer les tentatives de médiation engagées ces derniers mois. Washington reproche à Téhéran de multiplier les provocations dans le détroit d’Ormuz, tandis que l’Iran dénonce ce qu’il qualifie de pressions militaires et économiques injustifiées exercées par les Occidentaux.
Pour l’administration américaine, l’enjeu comporterait aussi une dimension politique intérieure : plusieurs responsables évoquent la volonté du président de disposer d’options prêtes à être activées rapidement, sans que la décision finale n’ait encore été arbitrée. Cette prudence s’expliquerait en partie par la crainte d’un embrasement régional susceptible de perturber la libre circulation du pétrole dans l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde.
Dans ce climat de surenchère verbale et militaire, les capitales arabes du Golfe observent avec une inquiétude grandissante une situation qui pourrait, en cas de dérapage, les placer en première ligne. Plusieurs d’entre elles appelleraient discrètement à la retenue, redoutant les conséquences économiques et sécuritaires d’un nouveau cycle de confrontation ouverte.
Pour l’heure, ni Washington ni Téhéran n’ont fixé de calendrier précis. Cette incertitude est surveillée de près par les marchés de l’énergie, tout comme par les capitales occidentales directement concernées par la stabilité de la région.
