Dans la ville côtière de Martil, relevant de la préfecture de M’diq-Fnideq, la police judiciaire vient de mettre un coup d’arrêt à ce qui ressemble à un redoutable traquenard numérique. Quatre personnes, dont deux jeunes femmes, ont été interpellées après avoir, selon les premiers éléments de l’enquête, détourné une application de rencontre très répandue pour appâter leurs victimes avant de les dépouiller.
L’affaire a éclaté lorsque les services de sécurité ont commencé à recevoir des signalements concernant des rencontres qui se terminaient mal. Les suspects auraient utilisé cette application de rencontre pour entrer en contact avec des hommes seuls, avant de les convier dans un appartement meublé situé dans un quartier populaire de la ville. L’une des femmes interpellées est soupçonnée d’avoir joué le rôle d’appât, attirant les victimes sous couvert d’un rendez-vous galant, pendant que ses complices se tenaient prêts à agir.
Une fois la victime sur place, le scénario se répétait, selon les informations recueillies par les enquêteurs : surprise, intimidée, parfois brutalisée, elle se voyait dépossédée de son téléphone, de son argent liquide ou de ses effets personnels, avant d’être relâchée, souvent trop embarrassée pour porter plainte rapidement.
Grâce à un travail de terrain minutieux, les limiers de la police judiciaire de Martil ont fini par localiser l’appartement utilisé comme piège et procéder à l’interpellation simultanée des quatre membres présumés du réseau. Les premières charges évoquées par les autorités sont lourdes : tenue d’une maison de débauche, escroquerie et vol avec usage de ruse.
L’enquête, désormais supervisée par le parquet compétent, ne s’arrête pas aux quatre personnes déjà arrêtées. Les enquêteurs cherchent à présent à identifier d’éventuelles autres victimes qui n’auraient pas encore osé se signaler, et à déterminer si des intermédiaires ou des courtiers en location meublée, qui auraient fourni le logement, savaient à quoi celui-ci allait servir.
Cette affaire relance, une fois de plus, les mises en garde récurrentes des autorités marocaines sur les risques liés aux rencontres organisées via des applications mobiles, où l’anonymat initial peut dissimuler des intentions bien plus sombres qu’une simple recherche de compagnie. Les responsabilités de chacun des protagonistes, suspects comme intermédiaires, devront être établies par la justice dans les prochaines semaines.
