Dans un monde où les arnaques financières se glissent désormais jusque dans les messageries personnelles, l’Autorité marocaine du marché des capitaux a choisi de frapper fort. Pour la dixième année consécutive, le régulateur boursier marocain, l’AMMC, rejoint la Semaine mondiale de l’investisseur, une campagne internationale pilotée par l’Organisation internationale des commissions de valeurs depuis 2017 et relayée aujourd’hui par plus d’une centaine de régulateurs à travers le monde.
Chaque édition de cette campagne mondiale met l’accent sur un enjeu précis de la protection de l’épargnant. Cette année, le thème retenu par l’AMMC colle à l’air du temps : la résilience des investisseurs face aux tromperies numériques. Phishing, faux conseillers en ligne, promesses de rendements mirobolants sur les réseaux sociaux : les techniques de fraude évoluent aussi vite que les usages numériques des Marocains, et l’institution entend outiller le grand public pour mieux les repérer.
Concrètement, l’AMMC a prévu un programme qui s’étalera du 5 octobre jusqu’à la fin du mois de novembre 2026. Un nouveau numéro de sa collection pédagogique « Guide de l’investisseur » doit voir le jour, détaillant les réflexes à adopter avant tout placement. Le régulateur annonce également le lancement prochain d’un premier cours en ligne consacré à l’investissement boursier, hébergé sur sa plateforme « Comprenons le marché des capitaux ». Une initiative pensée pour démystifier des mécanismes souvent perçus comme réservés aux initiés. Enfin, un quiz thématique sur les plans d’épargne en actions sera proposé via l’application mobile « Quiz Finance », histoire de transformer l’apprentissage en jeu plutôt qu’en corvée.
Cette offensive pédagogique intervient alors que le marché boursier marocain attire un nombre croissant de petits épargnants, séduits par la performance de la Bourse de Casablanca ces dernières années. Un engouement que l’AMMC observe avec une satisfaction prudente : plus les investisseurs particuliers affluent, plus le risque de les voir tomber dans des pièges mal ficelés augmente avec eux. D’où l’insistance du régulateur sur la vigilance numérique, à l’heure où une simple publicité sponsorisée peut suffire à détourner l’épargne d’un néophyte.
Au-delà de la communication institutionnelle, cette mobilisation annuelle illustre une tendance de fond : partout dans le monde, les gendarmes des marchés financiers misent désormais autant sur la pédagogie que sur la répression pour sécuriser l’épargne des ménages. Au Maroc, l’AMMC semble avoir fait de cette bataille de la confiance un chantier permanent.
