PJD relégué à la deuxième place de l’opposition marocaine

Rabat prend acte d’une recomposition politique inattendue. Le Parti de la justice et du développement (PJD), formation historiquement associée à Abdelilah Benkirane, se retrouve relégué à la deuxième place de l’opposition à la Chambre des représentants, après que le Rassemblement national des indépendants (RNI) a choisi de rejoindre les bancs de l’opposition plutôt que ceux de la majorité.

Ce basculement fait suite à la formation du nouveau gouvernement par le Parti authenticité et modernité (PAM), désormais mené par Fatima Zahra Mansouri. Le PJD espérait occuper le fauteuil de chef de file de l’opposition, fort de l’expérience parlementaire accumulée depuis sa propre sortie du pouvoir. Mais l’arrivée du RNI, parti d’Aziz Akhannouch, change la donne arithmétique et politique.

Conséquence immédiate : le PJD perd la présidence de la commission de la justice, de la législation, des droits de l’homme et des libertés, qui revient au RNI en vertu des usages constitutionnels fondés sur le poids numérique des groupes parlementaires. Une perte symbolique autant que stratégique, qui réduit la capacité du parti à peser sur les dossiers sensibles touchant aux libertés publiques et à la réforme judiciaire.

Le PJD se retrouve désormais face à un dilemme inconfortable. Première option : s’entendre sur le terrain avec le RNI pour faire front commun contre la majorité gouvernementale, une alliance de circonstance qui risquerait d’écorner sa crédibilité auprès de sa base militante, échaudée par les campagnes répétées du parti contre Aziz Akhannouch ces dernières années. Deuxième option : mener seul le combat de l’opposition, au risque de s’isoler et de perdre tout poids réel dans les débats de l’hémicycle.

Pour les observateurs de la vie politique marocaine, ce rééquilibrage illustre la fluidité des alliances dans le paysage partisan national, où les lignes de fracture idéologiques comptent parfois moins que les calculs tactiques du moment. Reste à savoir si le PJD saura transformer cette relégation en tremplin pour sa reconstruction, ou si elle accélérera son effacement progressif de la scène institutionnelle. La prochaine session parlementaire, qui s’ouvre dans les prochains jours, offrira un premier test grandeur nature de cette nouvelle configuration.

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