Dans la région de Marrakech, la patience s’épuise. A Douar Lakhdir, petit village relevant de la commune rurale de Tasseltant, les habitants enchaînent les coupures de courant depuis plusieurs années, sans qu’aucune solution durable ne soit apportée. La dernière panne en date a duré plusieurs jours d’affilée, plongeant une partie du douar dans le noir en pleine période de fortes chaleurs.
Ce qui frappe les riverains, c’est l’irrégularité du phénomène : seule une portion du village semble frappée avec la même fréquence, sans qu’aucune explication officielle ne leur soit jamais communiquée. Des plaintes ont pourtant été déposées à plusieurs reprises auprès des services concernés, racontent des habitants, mais les réponses se font attendre, quand elles existent.
Au-delà de la gêne quotidienne, c’est bien le portefeuille des familles qui trinque. Chaque coupure prolongée immobilise réfrigérateurs et congélateurs, entraînant la perte de denrées alimentaires, un problème d’autant plus sensible que les températures ont nettement grimpé ces derniers jours. Pour nombre de foyers, en particulier les plus modestes, ces pertes répétées représentent un coup dur.
Face à cette situation, les habitants de Douar Lakhdir en appellent directement au directeur de la société régionale de distribution, lui demandant d’intervenir personnellement pour établir un diagnostic clair et durable. Ils sollicitent également le wali de la région, espérant que l’autorité régionale pèsera de tout son poids pour débloquer un dossier qu’ils jugent trainer depuis trop longtemps. Les riverains pointent aussi des retards dans des travaux d’infrastructure censés accompagner les raccordements au réseau électrique, à l’eau potable et à l’assainissement, autant de chantiers dont l’avancement conditionne, selon eux, la fin de leurs déboires.
Ce type de doléances n’est pas isolé dans le Maroc rural, où l’extension et la fiabilisation des réseaux de distribution électrique restent un défi de taille pour de nombreuses communes, en particulier à la périphérie des grandes villes où la demande augmente plus vite que les infrastructures. Reste à savoir si cet appel pressant des habitants de Tasseltant trouvera cette fois une oreille attentive auprès de la société régionale et des autorités, ou s’il restera, comme tant d’autres avant lui, une voix criant dans le désert.
