Les enseignants du préscolaire marocain retiennent leur souffle ce mardi, au lendemain d’une soirée tendue devant le Parlement à Rabat. Après la dispersion, lundi soir, d’un sit-in d’avertissement organisé par leurs syndicats, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire, de la Formation professionnelle et de la Qualification, Nabil Benabdellah, a adressé une invitation urgente aux représentants syndicaux pour une rencontre de dialogue prévue ce mercredi matin.
L’épisode de lundi soir a marqué un tournant dans un dossier qui couvait depuis des mois. Selon des sources syndicales citées par la presse marocaine, les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher la tenue du rassemblement, organisé par la coordination syndicale tripartite du préscolaire devant le siège de la Chambre des représentants. Cette coordination réclame depuis plusieurs mois un règlement rapide du statut professionnel des éducateurs et éducatrices du préscolaire, une catégorie de personnel qui se sent reléguée au second plan dans les politiques publiques d’éducation, malgré son rôle jugé déterminant dans la réussite scolaire des plus jeunes.
La dispersion du sit-in a provoqué, selon les mêmes sources, une vague de colère supplémentaire au sein des rangs syndicaux, ce qui aurait précipité la décision du ministère d’ouvrir rapidement un canal de discussion directe plutôt que de laisser la tension s’enliser. Le ministère affiche la volonté de contenir l’escalade, d’engager un dialogue direct avec les représentants des travailleurs et de reprendre l’examen du cahier revendicatif, où figurent les points de friction qui bloquent encore un accord.
Cette séquence constitue l’un des premiers tests sociaux pour le gouvernement dirigé par Fatima Zahra Mansouri, en place depuis quelques semaines et encore occupé à répartir les portefeuilles ministériels et à décliner son programme devant le Parlement. Le secteur du préscolaire, pilier de la réforme de l’école marocaine portée par la vision stratégique 2015-2030, reste fragile sur le plan social : statuts disparates, précarité de certains postes et attentes élevées des familles se combinent pour en faire un terrain sensible.
Les prochaines heures diront si l’invitation du ministre suffira à apaiser les esprits. La position des syndicats face à cette offre de dialogue, l’issue de la rencontre de mercredi et la capacité des deux parties à s’entendre sur un calendrier de règlement du dossier statutaire seront déterminantes pour éviter une nouvelle escalade dans les prochaines semaines.
