Maroc : Fouzi Lekjaâ qualifie de « terroristes » les profiteurs de la flambée des prix de la viande

Une sortie de Fouzi Lekjaâ secoue la scène politique marocaine à trois semaines des élections législatives. Réunissant ce jeudi des militants du Parti authenticité et modernité (PAM) à Ouled Nasser, dans la province de Fkih Ben Salah, l’ancien ministre délégué chargé du Budget n’a pas mâché ses mots face à la flambée des prix de la viande rouge à l’approche de l’Aïd al-Adha.

« Nous ne pouvons pas accepter que les Marocains achètent la viande à 150 ou 160 dirhams », a lancé Fouzi Lekjaâ devant l’assistance, avant d’ajouter que les véritables responsables de cette situation méritent d’être qualifiés de « terroristes ». Une formule choc, immédiatement reprise et commentée sur les réseaux sociaux marocains, où elle a suscité autant d’adhésion que de critiques acerbes.

Car pour de nombreux internautes, la sortie de l’actuel dirigeant du PAM ne manque pas d’ironie. Fouzi Lekjaâ a en effet occupé, jusqu’à une période récente, le poste de ministre délégué chargé du Budget, poste depuis lequel il a supervisé et défendu devant le Parlement le programme de soutien à l’importation d’animaux de sacrifice, censé justement contenir les prix pendant la période de l’Aïd. Des militants et commentateurs se demandent désormais comment l’ancien gestionnaire de ce dossier peut aujourd’hui en dénoncer les résultats sans interroger sa propre responsabilité.

Au-delà de la polémique, l’intervention de Fouzi Lekjaâ s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement du PAM avant le scrutin du 23 septembre. Le responsable politique a insisté sur la nécessité de renforcer le pouvoir d’achat des ménages, de créer des emplois pour les jeunes et d’assurer un développement équilibré entre les régions du royaume, de Tanger jusqu’à Guerguerat.

Cette séquence intervient alors que le PAM traverse une phase de recomposition, marquée notamment par le départ annoncé d’Aziz Akhannouch de la direction du parti et par l’arrivée, en juillet dernier, de Fouzi Lekjaâ lui-même dans les rangs de la formation. Une transition qui, selon plusieurs analystes, vise à redonner un nouveau souffle politique au parti à l’approche d’échéances électorales jugées décisives pour l’avenir de la coalition gouvernementale sortante.

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