Le budget militaire du Maroc va connaître une nouvelle hausse substantielle. Selon le projet de loi de finances pour l’année 2027, le plafond des engagements financiers consacrés à l’acquisition d’équipements militaires, à la remise à niveau du matériel des Forces armées royales et au soutien de l’industrie de défense nationale sera porté à 190,5 milliards de dirhams.
Cette progression s’inscrit dans la continuité d’une trajectoire budgétaire déjà bien amorcée. Le plafond s’élevait à 157,17 milliards de dirhams en 2026, contre 133,45 milliards en 2025 et 124,77 milliards en 2024. En trois ans, l’enveloppe aura donc crû de plus de cinquante pour cent, témoignant d’un effort de modernisation soutenu et assumé par Rabat.
Sur le plan juridique, le projet de loi n° 60.26 habilite le ministre délégué auprès de la cheffe du gouvernement chargé de l’Administration de la défense nationale à engager par anticipation certaines de ces dépenses dès 2027, celles-ci étant imputées sur les crédits programmés pour 2028. Ce mécanisme permet de lancer des programmes et des contrats d’armement dont l’exécution s’étend sur plusieurs années, sans attendre le vote budgétaire de chaque exercice.
L’ambition ne se limite pas à l’achat de matériel neuf ou à l’entretien des équipements existants. Le texte prévoit également le développement d’une véritable industrie de défense nationale, à travers la localisation de certaines technologies, le renforcement des capacités de production et de maintenance, ainsi que l’attraction d’investissements spécialisés. Des partenariats industriels sont évoqués avec plusieurs pays, parmi lesquels les États-Unis, Israël, l’Inde et le Pakistan.
Cette orientation s’inscrit dans les efforts constants du Royaume pour renforcer les capacités des Forces armées royales et moderniser son dispositif de défense, sous l’autorité de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d’état-major général des Forces armées royales.
Un plafond d’engagement aussi élevé offre enfin une marge de planification précieuse : il permet d’étaler l’exécution des grands projets de défense sur plusieurs exercices budgétaires, offrant ainsi un cadre financier stable pour accompagner les programmes de modernisation militaire et le développement du tissu industriel lié à la défense nationale. Une manière, pour le Maroc, de conjuguer ambitions sécuritaires et souveraineté industrielle sur le temps long.
