Téhéran hausse le ton. Alors que les regards du monde restent tournés vers les urnes américaines, l’Iran affirme se préparer à une guerre « totale et à grande échelle » face aux États-Unis et à Israël, dans un climat de tension où, paradoxalement, la porte des négociations n’est pas totalement fermée.
Selon des révélations reprises par plusieurs médias américains, les états-majors américain et israélien auraient élaboré des plans détaillés pour une opération intensive contre Téhéran, susceptible de durer environ trois jours. Elle ne serait toutefois déclenchée qu’après les élections de mi-mandat du Congrès américain, prévues le 3 novembre. Les objectifs viseraient les installations nucléaires, les infrastructures énergétiques, ainsi que les capacités balistiques et les drones iraniens. Le secrétaire américain à la Guerre aurait évoqué ces scénarios avec le Premier ministre israélien lors d’une visite en Israël cette semaine, mais le président américain n’aurait pas encore donné son feu vert définitif.
Des divergences subsisteraient toutefois entre Washington et Tel-Aviv sur le calendrier. Le Premier ministre israélien aurait souhaité frapper dès la mi-octobre, avant d’en être dissuadé par la Maison Blanche, tandis qu’Israël continuerait de transmettre des listes de cibles fondées sur ses renseignements. D’autres sources militaires israéliennes démentent pourtant toute préparation imminente.
Sur le terrain, Washington aurait discrètement réduit sa présence militaire dans plusieurs bases régionales et demandé à ses missions diplomatiques de limiter leurs effectifs, un mouvement présenté comme une mesure de précaution opérationnelle. Des chasseurs israéliens auraient par ailleurs survolé l’espace aérien syrien et irakien en direction de l’Iran dans le cadre d’un exercice nocturne, pendant que des manœuvres conjointes américano-israéliennes se poursuivaient au-dessus de l’Irak.
Côté iranien, le commandement des Gardiens de la révolution annonce un renforcement de ses capacités balistiques et un niveau d’alerte accru, évoquant une confrontation « devenue inévitable ». Téhéran affirme également avoir visé plusieurs navires transportant du pétrole dans le Golfe et dénonce des incidents liés à des mines près du détroit d’Ormuz, qu’il attribue à des manœuvres américaines jugées illégales.
Malgré cette escalade verbale et militaire, la diplomatie n’a pas totalement déserté le dossier : le chef de la diplomatie iranienne assure que son pays reste disposé à donner une nouvelle chance aux négociations, tandis que des médiations discrètes, notamment via le Pakistan, chercheraient à maintenir un canal de dialogue entre Téhéran et Washington autour du programme nucléaire et de la liberté de navigation dans le détroit stratégique.
