Marrakech vit, depuis mercredi soir, au rythme de la 11e édition du Festival du Malhoun et de la chanson nationale, une manifestation qui consacre chaque année l’un des arts poétiques les plus enracinés dans la mémoire culturelle du Maroc. Organisé par l’association Cheikh Jilali Amthired, fondée en 1970, ce rendez-vous se tient sous le thème « L’art du Malhoun au temps de la Fête de l’Unité : mémoire d’une nation et pouls d’une appartenance », en écho au premier anniversaire de cette fête nationale et à la reconnaissance internationale de cet art, inscrit depuis plusieurs années sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
La soirée d’ouverture, qui s’est déroulée en présence d’artistes, de chercheurs et de passionnés de la chose culturelle, a été marquée par un hommage rendu au chercheur et artiste Abdelmajid Fniche, salué pour son parcours dans la recherche et la création théâtrale et pour avoir su tisser des liens entre la qasida malhounie, le théâtre, les médias et la formation. Visiblement touché, l’honoré a confié à la presse que cette distinction revêtait pour lui une signification particulière, en raison de son lien avec Marrakech, ville qui occupe une place de choix dans l’univers du Malhoun grâce à son riche legs patrimonial et créatif.
Le programme, qui s’étend sur quatre jours, du 21 au 24 octobre, mêle soirées artistiques, représentations théâtrales, recherche scientifique et action sociale, répartis entre le théâtre du complexe Abdellah Laroui, la bibliothèque universitaire numérique et le complexe social Dar Al Birr Wal Ihssane de Marrakech. La soirée inaugurale a notamment permis à l’élite nationale de cet art, menée par Cheikh Hadj Mhammed Lemlahi et l’artiste Mohamed Ouarti, accompagnés d’une pléiade de munshidin, d’interpréter des qacidas puisées dans le riche répertoire du Malhoun marocain.
Interrogé par la MAP, le directeur artistique du festival, Anas Lemlahi, a souligné que cette manifestation est devenue un rendez-vous culturel incontournable, qui met en valeur les dimensions poétiques, littéraires et artistiques de cet art, reflet des spécificités de l’identité marocaine à travers ses expressions liées aux coutumes, à l’habit traditionnel ou à la gastronomie, tout en documentant des pans entiers de l’histoire du pays. Il a rappelé que certains chercheurs font remonter les textes les plus anciens du Malhoun à l’époque almohade.
Organisé avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, du conseil de la région Marrakech-Safi et du conseil communal de Marrakech, ce festival ambitionne, selon ses organisateurs, de préserver ce patrimoine et de le transmettre aux jeunes générations, tout en consacrant la chanson nationale comme un affluent essentiel de l’expression artistique marocaine.
