Épargne au Maroc : le taux des comptes sur carnet grimpe à 1,82 % au second semestre 2026

Bonne nouvelle pour les millions de Marocains détenteurs d’un compte sur carnet : selon les derniers indicateurs hebdomadaires de Bank Al-Maghrib, le taux minimum de rémunération de ce produit d’épargne populaire passe de 1,61 % à 1,82 % pour le second semestre 2026, soit une hausse de 21 points de base.

Concrètement, pour un épargnant disposant de 100 000 dirhams placés sur un compte sur carnet pendant un an, le gain annuel passe de 1 610 à 1 820 dirhams, soit 210 dirhams supplémentaires. Le compte sur carnet, plafonné à 400 000 dirhams par titulaire, reste l’un des placements préférés des ménages marocains en raison de sa simplicité, de sa liquidité immédiate et de sa garantie en capital, dans un pays où l’épargne bancaire classique demeure largement privilégiée face aux placements plus risqués.

Cette revalorisation ne provient pas d’une décision directe de politique monétaire — le taux directeur de Bank Al-Maghrib demeure inchangé à 2,25 % depuis juin 2026 — mais résulte de la performance des bons du Trésor à 52 semaines, dont la moyenne pondérée indexe automatiquement, chaque semestre, la rémunération des comptes sur carnet.

Les dépôts à terme profitent également de ce mouvement haussier : le taux moyen des dépôts à 6 mois est passé de 2,16 % en mai à 2,51 % en juin, tandis que celui des dépôts à 12 mois a progressé de 2,60 % à 2,77 % sur la même période, confirmant une tendance générale à la hausse des rendements de l’épargne réglementée.

Si la nouvelle est accueillie favorablement par les épargnants, les analystes appellent toutefois à la nuance. Avec une inflation moyenne attendue autour de 1,5 % pour 2026, le rendement réel du compte sur carnet — une fois l’érosion monétaire prise en compte — ne dépasserait pas 0,32 % avant fiscalité. Le véritable enjeu, rappellent les spécialistes, concerne moins le taux nominal affiché que le pouvoir d’achat réellement préservé par l’épargnant sur la durée.

Le taux du compte sur carnet reste par ailleurs très loin de son pic de 2,98 % enregistré au second semestre 2023, période marquée par un resserrement monétaire plus prononcé destiné à contenir l’inflation post-pandémie. Depuis, la décrue progressive des prix a permis à Bank Al-Maghrib d’assouplir sa politique, entraînant mécaniquement un repli des rendements de l’épargne réglementée avant ce récent rebond.

Pour les millions de ménages marocains qui continuent de privilégier ce produit d’épargne accessible dès les premiers dirhams déposés, cette hausse, même modeste, constitue un signal positif dans un contexte économique où la préservation du pouvoir d’achat demeure une préoccupation centrale.

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