Sahara marocain : le Polisario s’en prend à l’émissaire de l’ONU

Au Sahara marocain, le rapport de forces diplomatique semble désormais pencher d’un côté net, et le Front Polisario le ressent. Les séparatistes ont durci le ton contre l’émissaire personnel des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, qu’ils accusent de partialité après qu’il a publiquement désigné le plan d’autonomie marocain comme base des négociations à venir. Le mouvement aurait même menacé de revoir sa coopération avec le diplomate italo-suédois, un geste rarement vu depuis le début de son mandat.

La sortie intervient quelques jours après les consultations tenues au Conseil de sécurité, le 8 octobre, sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Ces échanges s’inscrivent dans le sillage de la résolution 2797, adoptée par les Quinze, qui consacre l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seule issue réaliste au différend régional. Pour Rabat, ce texte confirme une tendance engagée depuis plusieurs années et saluée par un nombre croissant de capitales.

Des observateurs du dossier lisent dans cette charge contre M. de Mistura un aveu, davantage qu’une offensive. Plutôt que de défendre sa revendication historique d’un référendum d’autodétermination, le Front se retrouve à contester la méthode et les intermédiaires onusiens, signe, selon eux, d’une marge de manœuvre qui se réduit. L’épisode intervient alors que le Conseil de sécurité doit statuer, avant la fin du mois, sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, une échéance scrutée de près par toutes les parties.

Le Maroc, de son côté, maintient son initiative d’autonomie sans en modifier les termes, misant sur la dynamique internationale plutôt que sur une riposte verbale. Nombre de chancelleries occidentales et africaines ont, ces derniers mois, réitéré leur soutien à cette voie, laissant le Polisario de plus en plus isolé sur la scène diplomatique. Si les tensions avec l’émissaire onusien venaient à s’installer, elles pourraient compliquer davantage la tâche d’un médiateur déjà confronté à un dossier vieux de cinquante ans, mais elles ne semblent, pour l’heure, en rien infléchir le cap fixé par la résolution 2797.

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