Le Sahara marocain reste au cœur d’une nouvelle onde de choc diplomatique. Le Front Polisario se retrouve sur la défensive après la publication d’un rapport du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qui a confirmé la participation de ses représentants à des pourparlers parrainés par Washington, à Madrid, portant sur les modalités concrètes du plan d’autonomie proposé par le Royaume du Maroc.
Selon les informations relayées ce vendredi, ces discussions auraient porté sur des points très précis : la mise en place d’un conseil de transition, le partage des ressources naturelles de la région, des mesures d’amnistie et de réconciliation, ainsi que les modalités d’un désarmement. Une description qui tranche nettement avec le discours officiel du mouvement séparatiste, traditionnellement figé sur l’exigence d’un référendum d’autodétermination.
Face à l’embarras suscité par ces révélations au sein même des campements de Tindouf, le représentant du Polisario à New York, Sidi Mohamed Ammar, s’est empressé de publier un communiqué réaffirmant le refus de toute négociation qui ne garantirait pas, selon ses mots, le droit à l’autodétermination. Une mise au point perçue par plusieurs observateurs comme une tentative de reprise en main de la communication, plutôt que comme un véritable repositionnement politique.
Des voix critiques, jusque dans l’entourage de Brahim Ghali, auraient dénoncé ce qu’elles considèrent comme un reniement des principes fondateurs du mouvement. Pour plusieurs analystes cités dans la presse régionale, la succession de rencontres à New York entre la délégation de Mohamed Salem Ould Salek et les parties concernées illustre, au contraire, une évolution de fait : celle d’une direction du Polisario qui, en coulisses, se résignerait progressivement à discuter d’une solution politique s’inscrivant dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Cette séquence intervient alors que le plan d’autonomie marocain continue de recueillir un soutien international croissant, porté par plusieurs capitales occidentales et africaines qui y voient la seule issue réaliste et durable au différend régional. Le dossier du Sahara marocain doit par ailleurs faire l’objet d’un nouvel examen au Conseil de sécurité de l’ONU dans les prochaines semaines, dans un contexte où la pression diplomatique sur Alger et sur la direction du Front continue de s’intensifier.
Sur le terrain comme dans les enceintes diplomatiques, le constat reste le même pour de nombreux observateurs : l’écart se creuse entre la rhétorique maximaliste affichée publiquement par le Polisario et la réalité des tractations en cours, de plus en plus difficile à dissimuler aux populations des camps.
