Sahara marocain : un rapport de l’ONU confirme le basculement vers l’autonomie

Un document qui ne devait pas sortir a suffi à relancer le débat. La version qui circule depuis quelques heures du rapport du Secrétaire général des Nations unies sur le dossier du Sahara marocain trahit, selon plusieurs lectures qui s’en dégagent, un glissement net du centre de gravité diplomatique : l’autonomie, longtemps reléguée au second plan des discussions, y occupe désormais une place dominante, une première dans la série de rapports onusiens consacrés à ce différend régional.

C’est en tout cas la lecture qu’en fait Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, ancien cadre du Front Polisario passé à la défense de la marocanité du Sahara, dans une publication relayée sur les réseaux sociaux. Pour lui, le document consacre un tournant : il ne s’agit plus de savoir si l’autonomie doit être envisagée, mais de déterminer son contenu, ses limites et ses garanties.

L’analyse s’appuie sur les passages du rapport consacrés à l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, qui insiste sur le fait que toute proposition d’autonomie devra répondre aux « normes internationales les plus élevées », s’accompagner de garanties internationales solides et faire l’objet d’une consultation réelle des populations du Sahara. Des formulations qui, selon cette lecture, déplacent le débat de la question du principe vers celle de l’ingénierie institutionnelle.

Le Maroc n’a jamais varié sur ce point depuis le dépôt de son initiative d’autonomie en 2007 : Rabat la présente non comme une étape transitoire, mais comme l’aboutissement définitif du processus de règlement, sous souveraineté marocaine. Les marges de négociation, insiste la diplomatie marocaine, ne portent pas sur le principe de souveraineté, mais sur l’architecture du modèle à mettre en œuvre — institutions, compétences, garanties.

Pour Mustapha Salma, cette évolution sonne aussi comme un recul de la centralité du référendum d’autodétermination débouchant sur l’indépendance, longtemps défendu par le Front Polisario, au profit d’une logique de règlement politique négocié. Si cette orientation se confirme dans la version définitive du rapport et dans les rounds de négociation à venir, les modalités concrètes de l’autonomie pourraient bien devenir, dans les prochains mois, le véritable centre de gravité du dossier du Sahara marocain aux Nations unies.

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