Or : les banques centrales profitent de la baisse des prix pour renforcer leurs réserves

Dans un marché de l’or marqué par des secousses de prix, une tendance de fond se confirme : les grandes banques centrales profitent de chaque repli des cours pour étoffer leurs réserves en métal jaune.

Selon des données du Conseil mondial de l’or relayées ce mardi, la demande mondiale d’or a reculé d’environ 1 % au troisième trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Dans le même temps, les achats nets des banques centrales ont atteint 321,2 tonnes sur ce seul trimestre, un volume qui confirme le rôle central joué par les institutions monétaires sur ce marché stratégique.

Ce paradoxe apparent n’en est pas vraiment un pour les spécialistes du secteur. Depuis plusieurs années, les banques centrales, en particulier celles des économies émergentes, ont fait de l’or un pilier de leur stratégie de diversification des réserves, loin du dollar américain et des bons du Trésor. La Banque nationale de Pologne, la Banque populaire de Chine, ainsi que les instituts d’émission du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan ont figuré, ces derniers trimestres, parmi les acheteurs les plus actifs, un mouvement qui semble se poursuivre.

Ce comportement s’explique aussi par le profil de l’or comme valeur refuge : lorsque les cours reculent après des sommets historiques, certaines banques centrales y voient une fenêtre d’achat plutôt qu’un signal de prudence. Le métal jaune avait pourtant atteint des niveaux inédits plus tôt dans l’année, porté par les tensions géopolitiques, l’inflation persistante dans plusieurs économies et la quête de valeurs sûres face à l’incertitude des marchés financiers.

Le repli de la demande globale, lui, reflète surtout un ralentissement du côté de la bijouterie et d’une partie des investisseurs particuliers, pénalisés par des prix qui restent élevés en comparaison historique, même après leur récente correction. Les flux vers les fonds indiciels adossés à l’or ont eux aussi marqué le pas sur la période.

Pour les analystes, cette divergence entre institutions publiques et investisseurs privés illustre la place particulière qu’occupe désormais l’or dans l’architecture financière mondiale : un actif que les États continuent d’accumuler patiemment, trimestre après trimestre, indépendamment des cycles plus volatils qui animent le marché privé. Le Conseil mondial de l’or devrait livrer une analyse plus détaillée de cette tendance dans les prochaines semaines, alors que plusieurs instituts d’émission n’ont pas encore rendu publics leurs chiffres définitifs pour la période.

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