Maroc-États-Unis : Rabat mise sur l’excellence politique pour séduire les investisseurs à Miami

Il y a des rendez-vous diplomatiques qui ressemblent à des bilans, et d’autres qui ressemblent à des promesses. Celui organisé jeudi à Miami, autour du partenariat Maroc-États-Unis, appartient clairement à la seconde catégorie. Devant une cinquantaine d’opérateurs économiques et d’investisseurs réunis dans le cadre de la première édition des « Journées du Maroc à Miami », l’ambassadeur du Royaume aux États-Unis, Youssef Amrani, a appelé à faire de la relation politique maroco-américaine, déjà qualifiée d’excellente par les deux capitales, un véritable levier de prospérité économique partagée.

L’événement, qui se tient du 22 au 24 octobre sous l’égide du Consulat général du Maroc à Miami, s’inscrit dans un calendrier chargé de symboles. 2026 marque en effet le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, mais aussi les vingt ans d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre Rabat et Washington, signé en 2004. Deux dates que le diplomate marocain n’a pas manqué de rappeler, pour inscrire la rencontre dans une continuité historique plutôt que dans l’opportunisme du moment.

Autour de lui, la consule générale Chafika El Habti et le secrétaire général chargé des Marocains du monde, Ismail Lamghari, ont détaillé les atouts que le Royaume entend mettre en avant auprès des milieux d’affaires floridiens. L’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) a de son côté présenté les secteurs jugés prioritaires : aéronautique, minéraux critiques, agriculture, énergie, technologies et entrepreneuriat féminin figurent en tête de liste.

Le choix de Miami n’est pas anodin. La ville floridienne s’est imposée depuis plusieurs années comme une porte d’entrée vers l’Amérique latine et les Caraïbes, un positionnement que Rabat cherche précisément à occuper sur le continent africain. En misant sur cette double proximité géographique, les responsables marocains espèrent convaincre des investisseurs américains que le Royaume peut jouer un rôle de plateforme, au carrefour de plusieurs continents.

Reste à transformer les discours en contrats. Les précédentes initiatives similaires, organisées dans d’autres villes américaines, ont souvent débouché sur des protocoles d’intention plutôt que sur des engagements fermes et chiffrés. Les trois prochains jours, consacrés à des rencontres B2B et à des visites de délégations, diront si cette édition de Miami parvient à dépasser le stade des bonnes intentions pour entrer dans celui des décisions d’investissement concrètes.

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