Maroc : Shell sécurise le carburant renouvelable de Nador

Le géant pétrolier britannique Shell a scellé un accord d’achat portant sur la production d’une future usine marocaine de carburants renouvelables, confirmant l’attractivité du Maroc pour les investissements dans la transition énergétique.

L’accord porte sur l’usine prévue à Nador, développée par le groupe Green Sky Capital. Selon les termes dévoilés, Shell s’engage à acheter environ 150 000 tonnes par an de carburéacteur durable (SAF) ou de diesel renouvelable (HVO), ainsi que des volumes de bio-naphta et de bio-propane. La mise en service du site est annoncée pour octobre 2028.

Ce contrat d’achat à long terme, un mécanisme appelé « offtake » dans le secteur, est souvent déterminant pour sécuriser le financement d’un projet industriel de cette envergure. Il rassure les créanciers potentiels sur l’existence d’un débouché commercial stable pour une production qui doit encore être construite.

De fait, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) étudie actuellement l’octroi d’un prêt pouvant atteindre 135 millions de dollars au projet. Une décision d’approbation est attendue le 2 décembre 2026, selon les informations disponibles.

Ce type de partenariat n’est pas inédit pour la major britannique. Shell a déjà conclu un accord similaire en Égypte, où un autre site de production de carburants renouvelables doit alimenter ses activités de distribution dans la région.

Pour le Maroc, cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification énergétique et de montée en gamme industrielle. La région de l’Oriental, où se trouve Nador, mise depuis plusieurs années sur les énergies vertes et l’hydrogène pour attirer des investissements étrangers, dans la continuité des grands chantiers portuaires et logistiques déjà engagés sur place.

Si le calendrier annoncé est respecté, l’usine entrerait en production dans un marché mondial du carburant d’aviation durable en forte croissance, porté par les obligations réglementaires imposées aux compagnies aériennes en Europe et ailleurs pour réduire leurs émissions de CO2.

Ni Shell ni Green Sky Capital n’ont pour l’instant détaillé le montant total de l’investissement industriel prévu à Nador.

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