Marchés boursiers : Wall Street et l’Europe saluent la victoire démocrate au Congrès

Les marchés boursiers mondiaux ont réagi avec un net optimisme, ce mercredi, à la victoire écrasante des démocrates lors des élections de mi-mandat américaines, qui leur offre le contrôle des deux chambres du Congrès. Avant l’ouverture de Wall Street, les contrats à terme sur le S&P 500 progressaient de 0,6 %, tandis que ceux du Nasdaq 100 gagnaient 0,5 %, l’indice technologique effaçant ainsi une partie de la correction d’environ 10 % enregistrée depuis ses records d’octobre.

Pour de nombreux investisseurs, cette « vague bleue » démocrate écarte surtout un scénario redouté : celui d’une contestation de la légitimité du scrutin. Christina Hooper, stratège en chef chez Man Group, estime que ce résultat sans ambiguïté empêche toute remise en cause sérieuse des résultats. Un gouvernement divisé, avec un Congrès démocrate face à une Maison Blanche républicaine, se traduit historiquement par des blocages politiques, mais rarement par un risque majeur pour les marchés.

La séance a toutefois été marquée par la nervosité du secteur technologique. Les actions de Tesla et de SpaceX, les sociétés d’Elon Musk, ont chuté de plus de 3 % en avant-bourse, les investisseurs redoutant un durcissement réglementaire après la défaite du gouverneur républicain du Texas, où ces entreprises sont implantées. Ce basculement politique pourrait freiner la construction de nouveaux centres de données alimentant l’essor de l’intelligence artificielle, un secteur dont le financement massif par l’endettement inquiète une partie des marchés.

En Europe, l’indice Stoxx 600 a bondi de 1,57 %, porté par les valeurs bancaires et surtout par les énergies renouvelables : le danois Vestas a grimpé de 5 %, Orsted de 7 % et l’allemand Nordex de 4,7 %, ces groupes ayant particulièrement souffert des orientations énergétiques américaines des dernières années. Dans le Golfe, les bourses saoudienne et qatarie ont également progressé, portées notamment par les valeurs minières et bancaires.

Côté matières premières, le pétrole a reculé, le Brent cédant 1,6 % à 101,9 dollars le baril, les opérateurs attendant la prochaine décision de Washington dans le dossier iranien. Le dollar est tombé à son plus bas niveau en un mois face à un panier de devises, tandis que l’or a bondi de près de 3 % pour dépasser les 4 040 dollars l’once, les investisseurs cherchant refuge face aux incertitudes budgétaires américaines. Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une baisse des taux de la Réserve fédérale en décembre atteint désormais 83 %, contre un niveau nettement plus faible avant le scrutin.

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