Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a laissé planer la menace d’une opération militaire en Cisjordanie qu’il qualifie lui-même d’« inédite depuis la guerre des Six Jours » de 1967. Cette annonce intervient quatre jours seulement avant des élections législatives en Israël, et ravive les inquiétudes d’une escalade majeure dans les territoires palestiniens occupés.
L’étincelle qui a précipité cette rhétorique belliciste remonte à un accrochage survenu au checkpoint de Fround Hawa, à l’ouest d’Hébron, où deux soldats israéliens ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessés lors d’un affrontement ayant duré plus de vingt minutes. Les deux assaillants palestiniens ont été tués sur place. En réponse, l’armée israélienne a imposé un bouclage strict des localités d’Hébron et de Halhoul, assorti de menaces d’opérations plus vastes.
Netanyahu a averti que ses forces entreraient dans les quartiers d’où sont originaires les deux assaillants, procéderaient à l’évacuation des habitants, à des fouilles domiciliaires et à la démolition de ce qu’il appelle des « infrastructures terroristes ». Selon des analystes de la région, cette offensive annoncée répondrait à une double logique : une préparation militaire réelle, et un calcul électoral destiné à endiguer la fuite des voix vers l’extrême droite à quatre jours du scrutin.
Derrière cette rhétorique se profile ce que plusieurs ministres israéliens appellent le « plan décisif », déjà évoqué par le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Ce plan viserait à enterrer toute perspective d’un État palestinien, à démanteler l’Autorité palestinienne et à désarmer la population. Smotrich a explicitement appelé à une opération militaire globale en Cisjordanie pour dissoudre l’Autorité, tandis que Ben Gvir a réclamé sa dissolution pure et simple, qualifiant les institutions palestiniennes d’« État terroriste ».
Des experts des affaires israéliennes rappellent les précédents de l’opération « Rempart » de 2002 et des incursions répétées dans le camp de Jénine, où plus de 60 000 Palestiniens avaient été déplacés. Ils redoutent que le même schéma de démolitions systématiques et d’évacuations massives ne soit désormais appliqué à Hébron et Halhoul, avec un risque accru d’attaques de colons sur fond de soutien gouvernemental.
Netanyahu a par ailleurs présenté les colons comme une « ligne de défense avancée », revendiquant la construction de plus d’une centaine de nouvelles colonies et avant-postes sous son mandat, et promettant de poursuivre cette politique. Sa ligne de campagne, résumée par certains commentateurs en « soit la droite, soit la Palestine », illustre la centralité de ce dossier dans la course électorale israélienne.
Aucune réaction officielle de la communauté internationale n’avait été enregistrée au moment de la publication de cet article.
