Cisjordanie : Israël en alerte maximale après l’attaque du checkpoint de Hébron

La tension est retombée aussi vite qu’elle était montée, vendredi matin, aux abords du poste de contrôle situé à l’entrée ouest de Hébron. Pendant plus de vingt minutes, des échanges de tirs ont opposé deux assaillants armés aux forces israéliennes stationnées sur place. Bilan provisoire : six soldats blessés et les deux auteurs de l’attaque tués sur le coup, selon les premiers éléments communiqués par l’armée.

Dans les heures qui ont suivi, les forces israéliennes ont bouclé plusieurs quartiers du sud de la Cisjordanie, menant des raids ciblés sur les domiciles présumés des assaillants. Une vidéo diffusée en fin de matinée montre des soldats évacuant par la force les habitants d’une maison palestinienne à Hébron, une opération qui s’inscrit dans une série de perquisitions toujours en cours au moment où ces lignes sont écrites.

Face à la gravité de l’incident, plusieurs voix se sont élevées en Israël pour réclamer le démantèlement pur et simple de l’Autorité palestinienne, accusée de ne pas empêcher ce type d’attaques. Le chef d’état-major de l’armée israélienne a de son côté affirmé que ses troupes se trouvaient en état d’alerte maximale et prêtes à faire face à toute escalade sur l’ensemble du territoire cisjordanien.

Le quotidien israélien Maariv a par ailleurs révélé que l’establishment militaire redoute une flambée de violence à l’approche des élections, un climat électoral qui, selon plusieurs analystes, exacerbe déjà les tensions sur le terrain. Plus au sud, dans le secteur de Farsh al-Hawa, un Palestinien a été blessé par des tirs des forces d’occupation, signe que l’agitation ne se limite pas au seul secteur de Hébron.

Cette flambée de violence intervient alors que la Cisjordanie connaît depuis plusieurs mois une recrudescence des incidents armés, entre raids militaires israéliens à répétition et attaques isolées visant des checkpoints ou des colonies. Les organisations de défense des droits humains appellent régulièrement les deux parties à la retenue, sans grand effet visible sur le terrain. Pour l’heure, aucun bilan définitif ni aucune déclaration officielle du gouvernement palestinien n’a été communiqué sur les événements de la matinée.

Les habitants de la région, eux, retiennent leur souffle. Chaque nouvelle vague de perquisitions laisse craindre un emballement supplémentaire, dans un territoire déjà saturé de postes de contrôle et de patrouilles militaires renforcées depuis le début de l’année.

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