Plus de 1 200 migrants ont choisi, ces derniers jours, de rentrer volontairement au Maroc plutôt que de rester dans l’enclave espagnole de Ceuta, où les autorités ibériques ont entamé le démantèlement d’un important campement de fortune. Le mouvement, confirmé par des sources policières espagnoles, marque un tournant dans la gestion de la crise migratoire qui secoue la ville depuis l’été dernier.
Le campement visé, installé sur la plage dite « Tarajal » ou « Trampolín », abritait encore récemment plus de 3 000 personnes arrivées lors de la vague migratoire massive de la fin juillet, quand près de 80 000 individus avaient tenté de franchir la frontière en quelques jours seulement. Les opérations d’évacuation, menées les 4 et 5 octobre, ont donné lieu à un afflux inédit de départs volontaires : la seule journée du dimanche a enregistré le plus grand nombre de retours jamais observé depuis le début de la crise.
Selon les mêmes sources, une large part des migrants concernés a préféré renoncer aux procédures d’identification et d’examen des demandes de protection internationale menées au centre d’accueil temporaire pour étrangers (CATE). Beaucoup ont estimé ne disposer d’aucun motif recevable pour justifier une telle demande, et ont donc opté pour un retour immédiat vers le territoire marocain plutôt que de s’exposer à un rejet administratif. Le jour même de l’évacuation, au moins 300 personnes auraient refusé de se soumettre aux formalités d’identification pour demander ce retour volontaire.
Ce choix massif confirme une tendance déjà observée quelques jours plus tôt sur la plage voisine de « Benítez », où environ 150 migrants avaient fait le même choix, invoquant les mêmes raisons. Pour les autorités espagnoles, ce reflux volontaire allège une pression migratoire devenue difficilement soutenable pour les infrastructures d’accueil de l’enclave, tout en posant la question de l’accompagnement de ces retours côté marocain.
Rabat n’a pas encore communiqué officiellement sur ce mouvement de retour, mais la coopération entre les deux royaumes en matière de gestion migratoire reste un pilier des relations bilatérales, régulièrement saluée par Madrid comme un facteur de stabilité le long de cette frontière sensible. Cette séquence intervient alors que le dossier migratoire continue de peser sur les discussions entre les deux rives du Détroit, dans un contexte où le Maroc multiplie les initiatives pour encadrer les départs irréguliers et offrir des alternatives à ses ressortissants les plus vulnérables.
