Le Yémen a basculé ce lundi dans une phase décisive de sa guerre civile. Les forces loyales au Conseil de direction présidentielle ont annoncé le déclenchement d’une vaste opération militaire baptisée « Aube du Yémen », présentée par son président, Rashad al-Alimi, comme la tentative la plus ambitieuse depuis plusieurs années pour reconquérir les institutions de l’État et, à terme, reprendre la capitale Sanaa, aux mains des rebelles houthis (Ansar Allah) depuis 2014.
Selon les premières informations communiquées par le commandement gouvernemental, les troupes loyalistes revendiquent déjà le contrôle de deux localités stratégiques du littoral occidental, Moka et Dhubab, verrou historique proche du détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite une part considérable du commerce maritime mondial. Les combats se sont également intensifiés sur le front de Lahj, dans la région de Sabeeha, où des unités gouvernementales ont été placées en état d’alerte maximale face aux lignes houthies.
Cette offensive intervient alors que les tentatives de médiation régionale et internationale peinent, depuis plusieurs années, à déboucher sur un cessez-le-feu durable et global. Le conflit yéménite, déclenché en 2014 par la prise de Sanaa par les Houthis, a provoqué l’une des pires crises humanitaires de la planète et continue de peser lourdement sur la sécurité maritime régionale, le détroit de Bab el-Mandeb étant régulièrement le théâtre d’incidents touchant la navigation commerciale.
Pour les observateurs du dossier yéménite, le lancement d’une offensive terrestre d’une telle ampleur traduit la volonté du camp gouvernemental, soutenu par la coalition arabe, de reprendre l’initiative militaire après plusieurs mois de relatif statu quo sur les lignes de front. Elle survient aussi dans un contexte régional sous tension, marqué par des développements parallèles en mer Rouge et par une attention internationale croissante portée à la sécurité de cette voie maritime stratégique, essentielle au commerce entre l’Asie, l’Afrique de l’Est et l’Europe.
Aucune réaction officielle des Houthis n’était disponible au moment de la publication de ces lignes. Sur le terrain, la situation demeure évolutive, les deux camps se disputant chaque position le long d’un front qui s’étend désormais de la côte de la mer Rouge jusqu’aux abords de Lahj. Les prochaines heures seront déterminantes pour mesurer l’ampleur réelle des gains revendiqués par les forces gouvernementales et pour évaluer si cette opération marque un véritable tournant dans un conflit qui dure depuis plus d’une décennie, ou un nouvel épisode dans une guerre d’usure sans issue rapide.
