Les combats au Yémen ont connu, ce lundi, une nouvelle flambée de violence sur plusieurs fronts à la fois, confirmant que la trêve fragile observée ces dernières semaines n’aura été, au fond, qu’un répit de courte durée. Dans la province de Marib, bastion stratégique du gouvernement reconnu internationalement, les combattants houthis ont lancé une série de bombardements visant des positions militaires, provoquant la panique parmi les habitants déjà éprouvés par des mois d’affrontements. Plus au sud, à Taëz, troisième ville du pays et théâtre depuis des années d’un siège quasi permanent imposé par la milice soutenue par l’Iran, les forces gouvernementales affirment avoir repoussé une offensive d’ampleur, infligeant de lourdes pertes aux assaillants.
Cette nouvelle escalade survient dans la foulée de l’opération baptisée « Fajr al-Yaman » (l’Aube du Yémen), lancée par les troupes loyalistes pour desserrer l’étau houthi autour de plusieurs localités clés. Un commandant des forces gouvernementales, tué lors des récents combats, a été inhumé ce lundi au cours d’une cérémonie empreinte de gravité, retransmise par plusieurs médias locaux et saluée comme celle d’un héros par ses compagnons d’armes.
L’onde de choc du conflit ne s’arrête pas aux frontières yéménites. La défense civile saoudienne a annoncé dans la matinée que le danger était désormais écarté dans la région de Jizan, frontalière du Yémen, après une alerte liée à des débris de projectiles interceptés. Washington, de son côté, a renouvelé ses mises en garde : l’ambassade américaine en Irak a appelé ses ressortissants présents au Moyen-Orient à observer la plus grande prudence, dans un climat régional de plus en plus électrique.
Sur le plan diplomatique, des contacts se multiplient en coulisses pour tenter d’endiguer cette spirale, mais aucune avancée concrète n’a, pour l’heure, été annoncée. La guerre qui oppose depuis plus d’une décennie le gouvernement soutenu par Riyad au mouvement houthi, lequel contrôle toujours la capitale Sanaa, a résisté à de multiples tentatives de trêve et continue d’attirer des puissances régionales et internationales dans son orbite.
Pour des millions de Yéménites, déjà confrontés à l’une des pires crises humanitaires au monde, cette reprise des hostilités fait craindre une aggravation supplémentaire d’une situation déjà critique, alors que l’hiver approche et que l’aide internationale s’amenuise.
