Trump dénonce une « conspiration malveillante » contre l’intelligence artificielle

Donald Trump est reparti à l’offensive contre les voix qui, jusqu’au cœur même de l’industrie technologique américaine, appellent à freiner le développement de l’intelligence artificielle. Depuis sa plateforme Truth Social, le président des États-Unis a dénoncé lundi ce qu’il a qualifié de « conspiration malveillante » visant, selon lui, à ralentir l’essor d’une technologie qu’il considère comme un atout stratégique majeur pour Washington face à la concurrence internationale.

Dans un message où se mêlent autopromotion et mise en garde à peine voilée contre toute tentative de régulation extérieure, le milliardaire républicain a livré sa propre définition de la sécurité en matière d’intelligence artificielle. « Le seul encadrement, ou les seuls +garde-fous+, dont l’intelligence artificielle a besoin, c’est un président fort et intelligent, doté d’un quotient intellectuel élevé ! Et les États-Unis en comptent plusieurs ! », a-t-il écrit, balayant d’un trait les inquiétudes exprimées par certains des plus grands noms de la Silicon Valley.

Sa charge visait en particulier Dario Amodei, patron d’Anthropic, qui a publiquement plaidé pour un ralentissement du rythme de développement de l’intelligence artificielle, invoquant les risques que cette course technologique pourrait faire peser sur l’humanité. Une position à laquelle se sont ralliés, à des degrés divers, Sam Altman, dirigeant d’OpenAI et concepteur de ChatGPT, ainsi que le milliardaire Elon Musk, pourtant connu pour ses propres investissements massifs dans le secteur.

Cette sortie présidentielle s’inscrit dans un climat où l’administration américaine multiplie les signaux favorables à une croissance rapide et peu encadrée de l’intelligence artificielle, perçue à Washington comme un levier de puissance face à la Chine. Elle illustre aussi une fracture grandissante entre les dirigeants d’entreprises technologiques eux-mêmes, partagés entre l’ambition de dominer un marché à la croissance vertigineuse et la crainte de conséquences sociales, économiques ou sécuritaires mal maîtrisées.

Pour les observateurs du secteur, l’insistance de Donald Trump à écarter toute idée de « conspiration » traduit surtout son refus d’un encadrement institutionnel de l’intelligence artificielle, qu’il préfère voir régulée par la seule autorité présidentielle. Un positionnement qui promet de nourrir, dans les mois à venir, un débat déjà vif entre partisans d’une innovation sans entraves et défenseurs d’une approche plus prudente face aux risques que soulève cette technologie en pleine expansion.

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