Gerhard Schröder : le SPD allemand veut l’exclure après sa visite à Poutine

Gerhard Schröder est de nouveau dans la tourmente au sein de son propre parti. L’ancien chancelier allemand, artisan historique du rapprochement énergétique avec Moscou, fait l’objet d’une nouvelle procédure d’exclusion lancée par plusieurs fédérations régionales du Parti social-démocrate (SPD), après sa présence aux célébrations d’anniversaire du président russe Vladimir Poutine.

L’initiative part cette fois de la fédération du Haut-Palatinat, en Bavière, où un responsable local a annoncé vouloir relancer la demande d’exclusion, estimant que les derniers événements renforcent encore les liens entre Schröder et le maître du Kremlin. Les directions régionales du SPD en Bade-Wurtemberg et en Bavière auraient d’ores et déjà apporté leur soutien à cette démarche, qui doit encore franchir plusieurs étapes avant d’aboutir à une décision formelle.

Les griefs avancés sont connus mais continuent de peser lourd dans le débat public allemand. Gerhard Schröder siège toujours au conseil consultatif de la filiale russe du groupe de distribution Globus, et sa présence aux festivités organisées au Kremlin pour l’anniversaire de Vladimir Poutine a ravivé la polémique. Pour les partisans de son exclusion, cette proximité affichée avec le chef d’État russe heurte frontalement les valeurs sociales-démocrates et nuit à la crédibilité du parti, en pleine guerre en Ukraine.

L’ancien chancelier, qui a dirigé l’Allemagne entre 1998 et 2005, a certes qualifié à plusieurs reprises l’invasion russe de l’Ukraine d’erreur. Mais il n’a jamais rompu son amitié personnelle avec Vladimir Poutine, une fidélité qui lui vaut d’être devenu, aux yeux d’une partie de la classe politique allemande, l’un des symboles les plus embarrassants de l’ancienne Ostpolitik énergétique du pays.

Ce n’est pas la première fois que le SPD tente de se séparer de son ancien dirigeant. Une première procédure d’exclusion, engagée en 2023, s’était soldée par un échec, faute de majorité suffisante au sein des instances du parti. Un responsable bavarois du SPD a d’ailleurs reconnu que les chances de succès de cette nouvelle tentative restaient incertaines, tout en jugeant qu’il fallait malgré tout essayer.

Au-delà du cas personnel de Gerhard Schröder, cet épisode illustre les tensions persistantes qui traversent la social-démocratie allemande sur la question des relations avec la Russie, près de quatre ans après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Entre devoir de mémoire historique et exigence de rupture nette avec Moscou, le parti d’Olaf Scholz continue de régler ses comptes avec un héritage diplomatique devenu, au fil des années, de plus en plus difficile à assumer.

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