Prix du poulet au Maroc : la flambée alimente des appels au boycott

Le prix du poulet s’envole au Maroc, et la colère gronde. En à peine deux semaines, le kilogramme de volaille est passé de moins de 18 dirhams à 27, voire 28 dirhams, frôlant la barre symbolique des 30 dirhams dans plusieurs points de vente du royaume. Une hausse si brutale qu’elle a ravivé, une fois de plus, le réflexe du boycott chez les consommateurs marocains.

Sur les réseaux sociaux, les appels à ne plus acheter de poulet se multiplient depuis plusieurs jours. Vidéos et publications partagées en masse incitent les citoyens à s’abstenir d’en acheter dans les prochains temps, le boycott étant présenté comme un moyen de pression sur les vendeurs et les acteurs de la filière pour obtenir une baisse des prix. Le slogan « Moqawitoune » (« les boycotteurs ») s’est largement imposé dans les commentaires et les partages.

Les chiffres qui circulent donnent une idée de l’ampleur des marges prélevées en cours de route. Dans les fermes de la région de Casablanca, le poulet quitte l’élevage entre 21 et 22 dirhams le kilo ; à Tanger, le prix départ-ferme avoisine 23,5 dirhams. Au bout de la chaîne, le consommateur le paie pourtant jusqu’à 30 dirhams chez les détaillants, un écart qui interroge sur le rôle des intermédiaires et leurs marges.

Interrogé sur cette flambée, Mohammed Aboud, président de l’Association nationale des éleveurs de poulet de chair, l’attribue au retrait progressif de nombreux petits et moyens éleveurs du marché, ce qui a fini par déséquilibrer l’offre. Un constat renforcé par un débat tenu au Parlement, où le député Abdellah Bouanou a révélé un chiffre frappant : deux opérateurs seulement contrôleraient plus de 50% du marché du poulet, de l’élevage jusqu’à la commercialisation.

Face à la grogne, l’Observatoire marocain de protection du consommateur a apporté son soutien aux campagnes de boycott volontaires et pacifiques. L’organisme estime qu’une baisse de la demande, couplée au recours à des alternatives alimentaires, pourrait peser sur les prix et alléger les charges des ménages. Il appelle également à davantage de transparence sur l’ensemble de la chaîne de production et de distribution, ainsi qu’à un encadrement plus strict des marges des intermédiaires.

Au-delà du cas du poulet, cet épisode illustre une inquiétude plus large face au coût de la vie au Maroc, où chaque nouvelle hausse de prix sur un produit de consommation courante suffit désormais à déclencher une mobilisation citoyenne rapide et massive.

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