Rabat — Le Parti de la justice et du développement (PJD) a tranché : ce sera l’opposition. Réuni au lendemain d’un scrutin législatif qui a bouleversé les pronostics, le secrétariat général de la formation islamiste a affiché sa fierté devant des résultats qu’aucun sondage n’avait anticipés à cette échelle : 54 sièges, soit plus du quadruple de sa représentation sortante au Parlement.
Dans un communiqué diffusé ce vendredi, la direction du parti évoque un retour en force dans les grandes villes et les centres urbains moyens, mais aussi une percée inattendue dans des circonscriptions à dominante rurale, longtemps considérées comme hors de portée. Presque tous les candidats du parti, précise le texte, l’ont emporté avec des écarts substantiels sur leurs concurrents directs — à une exception près.
Pour les responsables du PJD, ce score confirme l’ancrage de la formation dans le paysage politique national et traduit une confiance populaire retrouvée, en dépit des tentatives de marginalisation dont le parti affirme avoir fait l’objet ces dernières années.
Mais la direction a tranché sur la suite : plutôt que de rechercher une participation gouvernementale, le PJD entend jouer un rôle d’opposition forte et responsable, en défendant les constantes nationales et les droits légitimes des citoyens. Le secrétariat général a d’ores et déjà convoqué un conseil national exceptionnel et urgent pour acter cette orientation et définir la feuille de route des prochains mois.
Le communiqué salue par ailleurs le déroulement globalement satisfaisant du scrutin et la réactivité des autorités face aux réclamations déposées par ses représentants. Il n’en pointe pas moins un taux de participation qu’il qualifie de plus faible depuis 2007, attribué à une désaffection politique croissante et à un bilan gouvernemental jugé décevant.
Le parti va plus loin en dénonçant des failles structurelles du système électoral : suppression de seuils, découpages contestés et répartition des sièges qui, selon lui, l’ont privé de sièges supplémentaires dans plusieurs circonscriptions, dont Skhirat-Témara et Meknès. Il critique également la multiplication des bureaux de vote — plus de 40 000 à travers le Royaume — rendant, selon lui, tout contrôle exhaustif quasiment impossible et facilitant des irrégularités difficiles à documenter, notamment lorsque des présidents de bureaux ont refusé de remettre les procès-verbaux à ses représentants.
Le PJD annonce enfin son intention de porter plainte devant la justice contre les responsables de bureaux de vote qui auraient manqué à leurs obligations légales en la matière.
