Jérusalem : une école d’été relie artisanat ancestral et intelligence artificielle

À Jérusalem, dans le quartier de Beit Hanina, une école d’été pas comme les autres vient de refermer ses portes après quatre semaines d’un programme aussi surprenant qu’ambitieux. Portée par la Fondation Al-Ilya pour les sciences, l’environnement et les arts, l’initiative a réuni quarante-cinq adolescents âgés de 12 à 17 ans autour d’un pari singulier : faire dialoguer les gestes hérités des artisans de Jérusalem avec les outils les plus récents de l’intelligence artificielle.

Le programme, soutenu par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, s’est construit autour de trois disciplines phares : la bijouterie, le tissage et la gravure sur bois. Loin de se limiter à la transmission technique, les encadrants ont fait le choix d’y intégrer une réflexion sur la durabilité et le recyclage des matériaux, ancrant le geste artisanal dans les préoccupations environnementales contemporaines.

La méthode retenue a de quoi surprendre les puristes de l’artisanat traditionnel : avant même de choisir une couleur de fil ou un motif à graver, les jeunes participants ont d’abord esquissé leurs créations à l’aide de logiciels de conception assistée par intelligence artificielle. Une manière, selon les responsables du programme, de préparer une génération capable de conjuguer racines culturelles et compétences numériques, plutôt que de les opposer.

La directrice de la fondation a résumé l’ambition du projet en des termes qui dépassent la seule pédagogie artistique : donner aux jeunes de Jérusalem un chemin créatif sur lequel ils pourront bâtir leur avenir, jusqu’à envisager, à terme, une reconversion vers l’entrepreneuriat. Le stage s’est conclu par une exposition publique des œuvres réalisées, où d’anciens diplômés du programme sont venus transmettre leur expérience aux plus jeunes.

Cette initiative s’inscrit dans le travail de longue haleine mené par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, organe placé sous l’autorité du Comité Al-Qods que préside le Roi Mohammed VI, pour préserver l’identité culturelle et le tissu socio-économique de Jérusalem face aux pressions multiples que subit la ville sainte. En misant sur la jeunesse et l’innovation technologique, le programme illustre une stratégie où la sauvegarde du patrimoine ne se conçoit plus comme un repli sur le passé, mais comme un tremplin vers de nouvelles perspectives économiques pour les habitants de Jérusalem-Est.

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