Iran-États-Unis : Téhéran rejette les négociations, Trump promet la fin de la guerre

Le bras de fer entre l’Iran et les États-Unis entre dans une phase décisive. Alors que cent quinze jours se sont écoulés depuis la signature d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, et plus de sept mois depuis l’éclatement du conflit entre les deux puissances, le président iranien Massoud Pezeshkian a douché les espoirs d’une sortie de crise rapide par la voie diplomatique.

Lors d’une intervention largement relayée vendredi, le chef de l’État iranien a affirmé que les négociations avec Washington ne pouvaient aboutir sous la pression et les menaces, pointant du doigt une attitude américaine qu’il juge incompatible avec un dialogue équilibré entre les deux pays. Ces propos interviennent alors que plusieurs fronts restent ouverts entre les deux camps, du détroit d’Ormuz aux eaux du Golfe, où les tensions militaires n’ont cessé de s’intensifier ces dernières semaines.

De son côté, le président américain Donald Trump a maintenu une ligne résolument offensive, assurant que la guerre allait se terminer bientôt, d’une manière ou d’une autre. Une formule qui laisse planer le doute sur la nature de l’issue envisagée par Washington : qu’il s’agisse d’un accord négocié ou d’une escalade militaire susceptible de forcer la main de Téhéran.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans une séquence déjà marquée par une succession de crises depuis l’automne : multiplication des incidents maritimes autour du détroit d’Ormuz, envolée des cours du pétrole qui ont dépassé la barre des 103 dollars le baril ces derniers jours, et mobilisation accrue des forces américaines dans la région. Washington a par ailleurs intensifié sa pression diplomatique sur plusieurs fronts parallèles, entre sanctions économiques et déploiements militaires annoncés.

Pour les observateurs du dossier, la position iranienne traduit une volonté de ne pas apparaître comme négociant sous la contrainte, un point de fierté nationale régulièrement invoqué par les autorités de Téhéran depuis le début de la crise. À l’inverse, l’administration Trump semble vouloir maintenir la pression maximale, convaincue qu’une issue favorable aux intérêts américains est à portée de main.

Reste à savoir si cette surenchère verbale précède un véritable tournant sur le terrain, ou si elle n’est que le prélude à une nouvelle phase d’attente prolongée, comme cela a déjà été observé à plusieurs reprises depuis le début de cette crise qui pèse lourdement sur la stabilité de toute la région du Golfe.

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