La guerre en Ukraine a connu un nouveau pic de tension dans la nuit de samedi à dimanche, avec une vague de frappes de drones ukrainiens visant une raffinerie russe stratégique, tandis que sur le front diplomatique, les regards se tournent vers Istanbul où le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky ont évoqué une possible issue négociée au conflit.
Selon les autorités russes, une attaque « massive » de drones a frappé une installation industrielle dans la région de Nijni Novgorod, à l’est de Moscou. Le gouverneur Gleb Nikitine a fait état de « dégâts importants » causés à une entreprise industrielle dans le secteur de Kstovo, sans toutefois la nommer explicitement. Des médias ukrainiens ont rapidement identifié la cible comme la raffinerie de Kstovo, l’une des plus grandes de Russie, spécialisée dans la production de carburants et de lubrifiants.
Le vice-ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, a confirmé que trois raffineries avaient été touchées le même jour, Moscou accusant Kyiv d’avoir repris ses frappes contre les infrastructures pétrolières après une pause de plusieurs jours. En représailles, le ministère russe de la Défense affirme avoir visé une installation ferroviaire à la gare de Konotop, dans la région de Soumy, utilisée selon lui pour acheminer des armes depuis l’ouest de l’Ukraine, ainsi qu’un navire cargo transportant du matériel militaire au sud-ouest d’Odessa, en mer Noire.
Côté ukrainien, l’armée de l’air affirme avoir intercepté 371 des 433 drones russes lancés dans la nuit. Les services d’urgence ont fait état de six blessés dans des frappes russes sur Soumy, après dix-sept blessés la veille dans plus de vingt attaques dans la région de Dnipropetrovsk.
Sur le plan diplomatique, c’est à Istanbul que se jouait samedi un autre acte de ce conflit. Lors d’une conférence de presse conjointe, Erdogan a assuré que la Turquie était prête à « tout mettre en œuvre » pour la paix, saluant une ouverture diplomatique qu’il attribue notamment aux efforts du président américain Donald Trump. Zelensky, de son côté, a annoncé la préparation d’une rencontre trilatérale entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie dans la première quinzaine de novembre. Trump a pour sa part déclaré que la guerre entre Moscou et Kyiv « prendra fin dans un avenir pas si lointain », sans donner davantage de précisions sur le calendrier ou les conditions d’un éventuel accord.
Cette séquence illustre la dualité persistante du conflit : une escalade militaire continue sur le terrain, parallèlement à des signaux diplomatiques de plus en plus affirmés, dans un contexte où Washington semble vouloir peser davantage sur l’issue des négociations.
