Une nouvelle cyberattaque a frappé la France, cette fois en visant directement les réserves de sang du pays. Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, des pirates informatiques ont tenté de s’introduire dans les systèmes de régulation thermique de trois sites de l’Établissement français du sang (EFS), avec un objectif aussi simple que terrifiant : faire grimper la température des chambres froides de moins 30 degrés à 110 degrés Celsius.
Un tel bond thermique aurait, en quelques heures, anéanti l’intégralité des stocks de poches de sang et de plasma conservés dans ces unités, des réserves vitales destinées aux transfusions d’urgence dans les hôpitaux. Mais c’est un système d’alarme indépendant, fonctionnant en parallèle des commandes à distance piratées, qui a sonné l’alerte à temps. Les équipes techniques de l’EFS sont intervenues dans la foulée, sécurisant les lots les plus exposés et transférant une partie des stocks vers d’autres sites par précaution.
Dans un communiqué, l’EFS affirme qu’aucune perte de poches de sang n’a été enregistrée et que l’incident n’a eu aucune conséquence sur la santé des patients. La collecte et la distribution de sang vers les établissements hospitaliers se sont poursuivies normalement, assure l’organisme, qui reste cependant discret sur l’identité des sites touchés ou sur la piste suivie par les enquêteurs.
Cette attaque n’est pas un cas isolé. Elle intervient quelques semaines après un assaut similaire, dans la nuit du 11 au 12 octobre, qui avait visé les systèmes de réfrigération d’environ 700 grandes surfaces à travers le pays. Les pirates avaient alors réussi à modifier à distance les réglages de réfrigérateurs et de congélateurs, poussant certains équipements jusqu’à 50, voire 80 degrés, détruisant des tonnes de denrées alimentaires.
Le mode opératoire des deux attaques, ciblant des infrastructures connectées à distance, suggère une vulnérabilité commune dans les systèmes de supervision industrielle utilisés par de nombreux opérateurs critiques français. Ni la nature des failles exploitées ni l’origine des attaquants n’ont pour l’instant été rendues publiques, mais l’épisode relance les interrogations sur la cybersécurité des infrastructures sensibles liées à la santé publique, à un moment où les hôpitaux et établissements médicaux dépendent de plus en plus d’équipements connectés pour leur fonctionnement quotidien. Les autorités sanitaires n’ont pas indiqué si une plainte avait été déposée.
