Corée du Nord : Pyongyang déploie de nouvelles unités d’artillerie à la frontière sud

La péninsule coréenne retient son souffle. Pyongyang a annoncé mercredi que ses nouvelles unités d’artillerie avaient pris position le long de la frontière avec la Corée du Sud, une escalade qui intervient après des jours de mise en garde de plus en plus pressantes. L’agence officielle nord-coréenne KCNA a rapporté que Kim Yo Jong, sœur influente du dirigeant Kim Jong Un, avait confirmé que ces unités occupaient désormais leurs « positions de combat ».

La veille, Kim Yo Jong s’était rendue, en compagnie de Pak Jong Chon, conseiller du ministère de la Défense, sur plusieurs sites stratégiques de la frontière pour superviser l’avancement des travaux de fortification. Pak Jong Chon a accusé Séoul de « fabriquer délibérément » des accusations de franchissements de la ligne de démarcation militaire par des soldats nord-coréens, assurant que son armée « connaît sa frontière mieux que quiconque ». Il a exhorté les troupes postées sur place à répondre à toute provocation par une action militaire « professionnelle, déterminée et écrasante », les appelant à transformer la zone frontalière en « forteresse imprenable ».

Selon KCNA, le dirigeant Kim Jong Un aurait lui-même ordonné la fortification permanente de la frontière avec ce que Pyongyang qualifie d' »État hostile ». Depuis avril 2024, le Nord multiplie les aménagements défensifs le long de la ligne de démarcation militaire : barbelés, champs de mines et obstacles antichars se sont ainsi accumulés des deux côtés de la zone démilitarisée, pourtant censée séparer les deux Corées depuis l’armistice de 1953.

Cette nouvelle démonstration de force fait suite à des mises en garde répétées de Séoul, qui a promis de répondre « fermement » à toute nouvelle provocation. L’armée sud-coréenne a de son côté accusé Pyongyang de chercher à se dédouaner de sa propre responsabilité dans l’escalade actuelle, tout en défendant comme légitimes et strictement défensives ses diffusions par haut-parleurs et ses tirs de sommation à la frontière. Le chef d’état-major interarmées sud-coréen a ordonné à ses troupes de réagir avec fermeté si le Nord devait invoquer ces mesures comme prétexte à une nouvelle escalade.

Kim Yo Jong avait pour sa part estimé que les haut-parleurs et les tirs de sommation sud-coréens avaient « franchi la ligne rouge », menaçant de déployer de nouveaux « moyens de frappe tactique » le long de la frontière sud. Les tensions s’étaient déjà nettement durcies le mois dernier, lorsque Séoul avait accusé Pyongyang d’avoir posé des mines à l’intérieur même de la zone démilitarisée, accusation que le régime nord-coréen avait catégoriquement rejetée. Le Nord a par ailleurs procédé récemment à l’essai d’un nouveau système de torpille guidée et d’un missile hypersonique à portée intermédiaire, deux armements que Pyongyang présente comme intégrant des technologies d’intelligence artificielle.

Cette spirale de défiance militaire illustre la fragilité persistante de l’équilibre sécuritaire dans la région, où la moindre étincelle continue de faire craindre un dérapage aux conséquences imprévisibles pour l’ensemble de l’Asie du Nord-Est.

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