Athérosclérose : une étude alerte sur un mal silencieux qui touche un adulte sur deux

L’athérosclérose, ce durcissement progressif des artères longtemps associé à la vieillesse, s’installe en réalité bien plus tôt et bien plus largement qu’on ne le pensait. C’est la conclusion d’une vaste étude menée auprès de près de 17 000 participants au Danemark et en Espagne, dont les résultats viennent d’être publiés.

Pour évaluer l’état des artères des volontaires, les chercheurs ont combiné échographies et scanners, examinant les vaisseaux sanguins du cou, des jambes et les artères coronaires. Le constat est sans appel : plus de 57% des participants âgés de 18 à 70 ans présentaient déjà des signes visibles de la maladie.

Plus surprenant encore, la pathologie touche aussi les plus jeunes. Chez les 18-29 ans, environ une personne sur treize présentait déjà des marqueurs d’athérosclérose. La prévalence grimpe nettement dans la trentaine, où elle atteint 34,6% chez les hommes contre 21,3% chez les femmes, confirmant un écart entre les sexes déjà documenté par la recherche cardiovasculaire.

Selon l’étude, les hommes développent en moyenne des altérations artérielles cinq à dix ans plus tôt que les femmes, dont le risque s’accélère nettement après la ménopause. Avec l’âge, les dépôts de plaque deviennent à la fois plus fréquents et plus étendus chez l’ensemble de la population.

Le mécanisme en cause est bien connu des cardiologues : l’accumulation progressive de graisses, de cholestérol et d’autres substances sur les parois des vaisseaux finit par les rétrécir. Lorsqu’un dépôt se rompt, il peut provoquer la formation d’un caillot sanguin, avec un risque accru d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral.

L’étude pointe aussi une limite préoccupante des outils actuels d’évaluation des risques cardiovasculaires : nombre de patients porteurs de plaques artérielles visibles à l’imagerie n’étaient pas classés comme « à risque » par les grilles de dépistage classiques. Un constat qui plaide, selon les auteurs, pour un dépistage plus précoce et plus systématique, y compris chez les adultes jeunes qui se croient à l’abri.

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