Amandiers : la région de l’Oriental se lance dans un recensement inédit pour renforcer sa filière agricole

Dans les vergers de l’Oriental, une véritable opération de comptage est en cours. La direction régionale de l’agriculture a lancé un recensement exhaustif et géolocalisé des amandiers plantés sur l’ensemble du territoire de la région, une démarche inédite destinée à mieux cerner les contours d’une filière devenue stratégique pour l’économie agricole locale.

L’opération, qui couvre les provinces d’Oujda-Angad, Berkane, Taourirt et Jerada, les principaux bassins de production, vise à constituer une base de données précise sur les superficies plantées, l’état sanitaire des arbres, les variétés cultivées et le potentiel productif de chaque parcelle. Les responsables régionaux entendent également recenser les contraintes rencontrées par les producteurs, qu’il s’agisse d’irrigation, de vieillissement des vergers ou d’accès aux techniques modernes de conduite culturale.

Les chiffres déjà disponibles donnent la mesure de l’enjeu. La filière amandière s’étend sur plus de 40 000 hectares dans l’Oriental, soit environ 26 % de la superficie régionale consacrée aux arbres fruitiers, juste derrière l’olivier. À l’échelle nationale, la région pèse pour près de 20 % des surfaces plantées en amandiers et 23 % de la production totale du pays, des parts qui placent l’Oriental parmi les territoires incontournables de cette culture.

Cette culture, particulièrement adaptée aux zones bours et semi-arides qui caractérisent une grande partie de la région, a connu un essor remarquable depuis le lancement du Plan Maroc Vert, consolidé ensuite par la stratégie Génération Verte. Entre 2008 et 2020, les superficies plantées ont bondi de 188 %, passant de 14 600 à plus de 42 000 hectares, tandis que la production a quasiment doublé pour atteindre 31 000 tonnes, en hausse de 93 %. Près de 25 000 hectares supplémentaires ont été plantés dans le cadre de projets agricoles régionaux, accompagnés de la création d’unités spécialisées dans le décorticage et la valorisation des amandes.

Au-delà du simple inventaire, ce recensement se veut un outil d’aide à la décision : affiner la planification des programmes de soutien, orienter les investissements vers les zones à fort potentiel et accompagner la filière dans son adaptation aux aléas climatiques. Une donnée d’autant plus précieuse que l’amandier, par sa résistance relative à la sécheresse, s’impose de plus en plus comme un levier de résilience pour l’agriculture régionale, et comme une source de revenus pour des milliers de petits exploitants du monde rural.

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