Fatima Zahra Mansouri critiquée pour ses hésitations en arabe classique devant le Parlement

Rabat – Ce lundi restera, pour Fatima Zahra Mansouri, comme le jour où un discours attendu depuis des semaines s’est retrouvé éclipsé par une poignée de phrases mal articulées. La cheffe du gouvernement présentait devant le Parlement son tout premier discours de politique générale. Elle y exposait les grandes lignes du programme sur lequel son équipe s’engage pour les années à venir. Mais ce n’est pas le fond de son propos qui a occupé les conversations dans les heures qui ont suivi. C’est sa diction.

Des extraits vidéo de la séance, rapidement partagés sur les réseaux sociaux, montrent la responsable hésiter sur plusieurs mots, buter sur des tournures grammaticales et peiner par moments à restituer le texte en arabe classique tel qu’il avait été rédigé. Pour une partie des internautes, et visiblement pour plusieurs parlementaires présents dans l’hémicycle, le décalage entre la solennité du moment et la fluidité de l’élocution a suffi à transformer un rendez-vous institutionnel en sujet de polémique.

La charge n’a pas tardé. Sur les plateformes marocaines, nombre d’utilisateurs ont estimé qu’une maîtrise irréprochable de la langue arabe officielle devait constituer un prérequis pour quiconque occupe les plus hautes fonctions de l’État, a fortiori lorsqu’il s’agit de sceller un engagement politique devant les représentants de la nation et devant l’opinion publique. D’autres voix, plus mesurées, ont pris la défense de la cheffe du gouvernement, jugeant le débat hors de propos : à leurs yeux, ce sont les engagements chiffrés, les réformes annoncées et les échéances fixées qui méritent d’être scrutés, pas la performance oratoire d’un jour.

Cette controverse, aussi vive soit-elle, ne doit pas occulter l’enjeu réel de ce discours de politique générale. Il intervient à un moment où les Marocains attendent des réponses concrètes face à une conjoncture économique et sociale sous tension, entre pouvoir d’achat, emploi et accès aux services publics. Le nouvel exécutif, encore dans ses premières semaines, sait qu’il sera jugé sur sa capacité à tenir ses engagements plutôt que sur son aisance linguistique devant un pupitre. Reste que l’épisode illustre, une fois de plus, la rapidité avec laquelle un détail de forme peut, à l’ère des réseaux sociaux, prendre le pas sur le fond d’un message politique majeur.

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