New York — La Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté jeudi sa résolution annuelle sur le Sahara marocain, mais dans des conditions inhabituelles. Pour la première fois depuis 2006, le texte n’a pas été entériné par consensus. Les États-Unis ont exigé, à la dernière minute, un vote enregistré sur l’ensemble des 23 projets de résolution inscrits à l’ordre du jour de la commission ce jour-là, y compris ceux qui recueillaient traditionnellement l’assentiment général des délégations. Washington a justifié cette démarche par une politique plus large consistant à soumettre systématiquement au vote les textes des six grandes commissions de l’Assemblée générale.
Le résultat du scrutin ne laisse guère de doute sur l’équilibre diplomatique autour du dossier : 152 voix en faveur du texte, dont celle du Royaume du Maroc, seulement deux contre et sept abstentions. Une adhésion massive qui, selon plusieurs diplomates présents à New York, confirme l’isolement croissant des thèses séparatistes sur la scène multilatérale.
Sur le fond, la résolution reprend pour l’essentiel des formulations inchangées depuis une vingtaine d’années, mais elle comporte une nouveauté de taille : c’est la première fois que le texte de la Quatrième Commission fait explicitement référence à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, qui avait consacré l’initiative marocaine d’autonomie comme base de règlement sous souveraineté marocaine. Le texte appelle le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario à s’engager de bonne foi dans le processus politique conduit par l’Envoyé personnel du Secrétaire général, et se félicite de l’engagement des parties à poursuivre des pourparlers sans conditions préalables, rappelant les rounds de négociation tenus à Washington et à Madrid.
Pour Rabat, dont la diplomatie a salué ce vote comme une nouvelle validation internationale, le texte ne modifie en rien le statut juridique du territoire puisqu’il relève du chapitre VI de la Charte des Nations unies, consacré au règlement pacifique des différends. Les autorités marocaines y voient surtout la confirmation que la résolution 2797 s’impose désormais comme la référence incontournable de tout examen onusien du dossier saharien, qu’il s’agisse du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale.
Ce vote intervient alors que les discussions se poursuivent sous l’égide de l’Envoyé personnel Staffan de Mistura, qui a lui-même reconnu la semaine dernière devant le Conseil de sécurité que les négociations restaient dans une impasse, imputée à la réticence persistante du Polisario à s’engager sérieusement sur les détails de l’autonomie. L’adoption de ce texte par une majorité aussi large place un peu plus de pression sur le mouvement séparatiste à l’approche des prochaines échéances au Conseil de sécurité.
