Sur les hauteurs arides qui dominent Taëz, le crépitement de l’artillerie n’a pas cessé depuis l’aube. Au Yémen, la guerre que beaucoup espéraient voir s’essouffler reprend au contraire de la vigueur, et c’est désormais au Conseil de sécurité de l’ONU que Sanaa officielle adresse un appel pressant : lever, sans délai, le siège imposé par les Houthis à la troisième ville du pays.
Le gouvernement yéménite, reconnu internationalement, a transmis ce jeudi une demande formelle aux Nations unies, réclamant des « mesures urgentes » pour desserrer l’étau qui pèse depuis des mois sur les habitants de Taëz. Les lignes de front, elles, n’ont pas attendu de réponse diplomatique : sur plusieurs axes, les affrontements entre les forces gouvernementales et les combattants houthis se sont intensifiés au cours des dernières heures, accompagnés de tirs d’artillerie nourris.
Dans la foulée, les forces loyales à Sanaa ont annoncé le lancement d’une opération baptisée « Fajr al-Yaman » (l’Aube du Yémen), destinée, selon des sources militaires, à desserrer la pression houthie sur plusieurs fronts simultanément. Plus à l’est, la coalition a par ailleurs annoncé avoir intercepté un drone, signe que la bataille ne se limite plus aux tranchées mais gagne aussi l’espace aérien.
Des images, diffusées par les médias militaires houthis et reprises avec prudence par les agences internationales, montraient un épais panache de fumée noire s’élevant près de Dhubab, conséquence d’une frappe dont l’origine exacte reste à confirmer.
Ce regain de violence intervient alors que la situation humanitaire, déjà critique dans la région de Taëz, continue de se dégrader. Les organisations humanitaires alertent depuis des mois sur l’impact du blocus sur l’accès à l’eau, aux soins et aux denrées de première nécessité pour une population civile prise en étau. Pour Sanaa, l’enjeu dépasse désormais le strict rapport de force militaire : il s’agit de convaincre la communauté internationale que seule une intervention diplomatique forte pourra desserrer un siège qui, mois après mois, use la résistance d’une ville entière.
