Sebta occupée : une mère de cinq enfants menacée d’expulsion forcée

Dans les rues de Sebta, ville marocaine occupée par l’Espagne depuis des décennies, une histoire bouleversante rappelle la précarité qui frappe de nombreuses familles originaires du Maroc installées sur ce territoire. Warda Boujmaa, mère de neuf personnes à charge dont cinq enfants mineurs et une fille atteinte d’autisme, se retrouve à quelques jours d’une expulsion programmée le 14 octobre.

Depuis des mois, cette mère de famille multiplie les démarches pour trouver un nouveau toit après l’expiration d’un délai de trois mois accordé par les autorités locales. Mais la recherche s’est heurtée à un mur : plusieurs propriétaires refusent catégoriquement de louer à des familles nombreuses, invoquant la taille du foyer. S’ajoute à cela une pénurie chronique de logements disponibles à Sebta, un phénomène qui touche particulièrement les familles marocaines à revenus modestes vivant dans cette enclave sous administration espagnole.

Warda Boujmaa bénéficie pourtant d’une aide sociale destinée à couvrir une partie de son loyer. Un soutien qui, en théorie, devrait faciliter ses recherches, mais qui reste insuffisant face à la rareté des appartements proposés à la location dans la ville. Je suis prête à accepter n’importe quel logement, même temporaire, pour protéger mes enfants d’un sans-abrisme, a-t-elle confié, selon des propos relayés localement, exprimant une détresse partagée par de nombreuses familles dans une situation similaire.

La situation de cette famille illustre les difficultés persistantes que rencontrent les ressortissants marocains dans les présides occupés du nord, où l’accès au logement demeure l’un des défis sociaux les plus criants. Sebta et Mellilia, villes marocaines sous occupation espagnole, concentrent depuis longtemps des tensions migratoires et sociales qui touchent en premier lieu les populations locales d’origine marocaine, souvent reléguées aux marges économiques de ces territoires.

Avec l’échéance du 14 octobre qui se rapproche, l’avenir de cette famille de neuf personnes reste suspendu à l’issue de démarches administratives et à la disponibilité, hypothétique pour l’instant, d’un logement adapté. Son cas, désormais connu au-delà du cercle familial, met en lumière un problème structurel : celui de familles marocaines nombreuses, parfois en situation de vulnérabilité accrue en raison d’un handicap, confrontées à l’indifférence d’un marché locatif saturé dans une ville où leur présence historique est pourtant antérieure à l’occupation espagnole elle-même.

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