Sebta : la police espagnole évacue le dernier grand campement de migrants

Dans la presqu’île de Sebta, le dernier grand foyer de tentes informelles installées par des migrants a cessé d’exister ce dimanche matin. Les forces de la police nationale espagnole ont lancé, dès 8 heures, une opération d’évacuation de grande ampleur sur la place dite « El Guano », où s’étaient regroupées environ un millier de personnes depuis plusieurs mois.

Selon la presse espagnole, plus de vingt camions d’intervention ont convergé vers le site au petit matin, dans un dispositif impressionnant destiné à démanteler ce qui restait le plus important point de fixation de migrants dans l’enclave. Cette opération intervient après une première vague d’évacuations ayant visé, ces dernières semaines, les campements improvisés des plages d’El Trampolín et de Benítez, érigés à la hâte par des migrants arrivés en masse les 30 et 31 juillet derniers.

Pour les occupants de la place El Guano, deux issues se dessinent désormais. Les autorités espagnoles proposent soit un transfert par bus vers le poste-frontière de Tarajal, en vue d’un retour volontaire vers le Maroc, soit une orientation vers le centre d’accueil temporaire pour étrangers, où les intéressés pourront être enregistrés puis répartis dans d’autres centres d’hébergement, le temps que leurs demandes d’asile soient instruites.

L’affaire illustre, une fois encore, la pression migratoire récurrente que subit cette ville sous administration espagnole, située sur la façade méditerranéenne du Royaume. Les arrivées massives de la fin juillet avaient déjà mis à l’épreuve les capacités d’accueil locales, poussant les autorités à multiplier les opérations de résorption des campements de fortune au fil des semaines. La fermeture du site d’El Guano marque ainsi l’aboutissement d’une stratégie progressive de démantèlement, campement après campement, engagée depuis cet été.

Reste que la question du sort réservé à ces populations continue de se poser avec acuité. Entre retour volontaire et procédure d’asile, le choix laissé aux migrants ne résout pas, sur le fond, les causes structurelles qui alimentent ces traversées vers l’enclave. Pour Rabat, qui revendique la souveraineté sur Sebta, ce type d’épisode rappelle régulièrement combien la gestion de ces flux reste intimement liée à la coopération migratoire entre les deux rives du détroit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *